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Le lent déclin des Fonderies du Poitou raconté dans un livre par un ex-salarié

Centre Presse -

Patrick Cochet a fait toute sa carrière aux Fonderies du Poitou. Dans un livre poignant, l'ex-responsable qualité de l'alu témoigne de « l'immense gâchis ».

Patrick Cochet, 59 ans, a travaillé à la Fonderie alu de janvier 1981 à mai 2019. Patrick Cochet, 59 ans, a travaillé à la Fonderie alu de janvier 1981 à mai 2019. afloch On a mangé notre pain blanc, on a fini avec les miettes. C'est ainsi que Patrick Cochet résume l'histoire des Fonderies du Poitou. Ce père de deux enfants de 59 ans, domicilié à Vaux-sur-Vienne, a travaillé à la fonderie alu pendant 38 ans, dont 31 ans comme responsable qualité.

Autrement dit, il a tout connu. Des premiers pas de l'usine - « Le 15 janvier 1981, je passais ma visite médicale d'embauche quand la première culasse a été coulée » - jusqu'au plan social du printemps 2019, qui coïncide avec son départ à la retraite anticipé. Une carrière qu'il a couchée dans un livre, Innovative Destruction (Édita éditions), sorti en novembre 2019.

« Toute l'époque Renault a été magnifique » Patrick Cochet, dont c'est le premier ouvrage, raconte la génèse de son projet pas banal : « En septembre 2018, l'entreprise allait mal, on commençait à entendre de vilains bruits. La situation me pesait. Je me suis mis à écrire sur l'ordinateur, un peu chaque jour, dès que j'avais fini mon travail. Des évènements vécus, des souvenirs avec les collègues, mon ressenti sur la situation... J'avais besoin de me décharger de tout ça, une sorte de médicament. »

Début 2019, il fait lire ses écrits à quelques collègues. Emballés, ces deniers l'incitent à chercher un éditeur. En juin, le Vauxois se rend au Salon du livre de Montmorillon. Il y croise la responsable de la maison d'édition tourangelle Édita. Qui dit banco ! « J'étais heureux, j'en ai pleuré. »

Dans un livre poignant, lucide, bien écrit, agrémenté de notes d'humour et d'ironie, le quinquagénaire n'évoque pas seulement les mauvais moments. Il revient notamment sur les vingt premières années, qu'il considère comme la période faste de l'usine : « En 1981, j'arrive à Ingrandes. Issu d'une formation de fondeur, je n'ai connu jusqu'alors que des fonderies traditionnelles. Et, là, je découvre une entreprise toute neuve, ultramoderne. Inimaginable, ça me faisait rêver ! On était filiale Renault à 99,9 %. Toute cette époque a été magnifique. Il y avait l'esprit Renault, les outils Renault, les process Renault... »

Il en veut à Renault Selon lui, tout a basculé en 2000 quand le constructeur français a cédé le site à Teksid. « Ça a été le début de la fin. Les cinq actionnaires qui se sont succédé n'ont fait que presser le fruit. Plus aucun investissement... Un immense gâchis ! »

Ce « persuadé de la qualité » en veut beaucoup à la marque au losange : « À partir du moment où ils nous ont lâchés, ils ont voulu tout : de la qualité et des prix bas. » Cri du coeur de Patrick Cochet, dit Coche, matricule 138 de l'Alu.

Innovative Destruction (éditions Édita, 182 pages, 15 €), disponible sur commande sur fabriquedelivres.fr et en vente à partir de la semaine prochaine dans les deux librairies de Châtellerault.

A chaud : "Un vrai travail de mémoire" Sylvie Denis, responsable de la maison d'édition tourangelle Edita La Fabrique de livres, se souvient de sa rencontre avec M. Cochet, en juin 2019, au salon du livre de Montmorillon auquel elle participait : « J'ai été d'abord touchée par l'homme, son humilité quand il parlait de son manuscrit, raconte-t-elle. J'ai décidé de publier son livre pour son style, incroyablement vivant et percutant. Il nous plonge dans son univers méconnu, avec lucidité, humour aussi. Un vrai travail de mémoire d'autant plus touchant que l'auteur a un attachement viscéral pour cette entreprise. Comme nous avons la même exigence et la même passion pour nos métiers respectifs, travailler sur son livre a été particulièrement enrichissant. Une belle rencontre ! » __ En savoir plus : un titre d'ouvrage en forme de pied de nez__ Le titre du livre, Innovative destruction, est un pied de nez au slogan « Saint-Jean Industries, Innovative Solutions », inscrit sur la chemise de travail des salariés de l'Alu dans les années 2010. « La période Saint-Jean (2012-2019) a été la pire de toutes, considère Patrick Cochet. En 2011, on sortait de deux mois de crise terrible, Saint-Jean arrivait tel un messie. On attendait beaucoup d'eux. En fait, ils se sont servis de nous et nous ont conduits à la catastrophe. »

Commentaires

1. Le mercredi, 8 janvier 2020, 08:17 par Michel CHAPUT

Que Patrick soit satisfait il vient de compter un client de plus car je viens de commander son livre.
Je fais la même remontée d'histoire que lui mais en plus dure !
Effectivement la revente des fonderies de Renault sur les bons conseils de certains directeurs auprès que du Président SCHWEITZER à été décisive mais cela commence avant !


Que peut-on dire d'une maison mère qui affecte (achète) à l'extérieur des pièces maîtresses de nouveaux projets plutôt que de les mettre dans ses filliales créées pour cela.


C'est tout le problème de Renault: interne, externe, re-interne, on se sépare de l'activité pour finir par bien non on s'est trompé.


Nous sommes loin d'un PSA qui bon an mal an réinjecte un peu d'argent pour maintenir ses activités au bon niveau.


Un petite histoire vraie: un jour un grand patron s'est dit: nous allons nous séparer de notre usine de Cacia (pas Funfrap mais l'usine de mécanique qui fait des boîtes de vitesses) car nous n'en avons pas besoin.


Le besoin c'était lorsque le Portugal n'était pas dans l'Europe maintenant c'est fini.


Pour revendre ce site nous allons en faire une entreprise réalisant des organes pour l'automobile.


Dans la réalité nous n'avons pas trouvé grand chose à lui faire faire mais le pire c'est qu'un jour en recomptant nos besoins en BV nous nous sommes aperçus que l'usine de Cacia était indispensable pour Renault !!!


C'est la stratégie vue par Renault, la politique du balancier avec tous ses travers.


Personnellement je suis heureux d'avoir fait 40 années chez Renault j'ai été embauché pour le démarrage des fonderies du Poitou secteur Fonte, et puis ensuite j'ai fait et vu beaucoup d'autres choses mais j'ai toujours pensé qu'il y avait une grosse perte d'énergie, de savoir et finalement d'argent gaspillé dans cette enytreprise.


Aujourd'hui les Fonderies du Poitou Fonte ou Aluminium c'est une immense coquille vide dont ne sait pas quoi en faire et qui s'avère être un boulet pour Renault tenu pour responsable de la situation.


C'est en grande partie vraie mais également un peu faux car il FdP (pour les intimes) n'a pas pu ou pas su trouver des clients extérieurs au losange mais était ce sa vocation ?


Que Patrick s'apaise il a bien d'autres choses à faire mais son désarroi est plus que partagé.

2. Le jeudi, 9 janvier 2020, 07:29 par Mèkilékon

Quand une grande entreprise, française ou pas, est confiée et dirigée par des financiers, voilà ce qui arrive.
Aucune stratégie si ce n'est faire de l'argent à tout prix. Vision à moyen et surtout à court terme pour faire plaisir aux actionnaires, sans oublier ses propres intérêts et sa carrière.... Faire des pièces de fonderie ou des épingles à linge, peu importe.

Voilà la force de nos voisins allemands. Constance dans l'effort et une vision claire pour la plupart des entreprises, restées familiales. Ce qui explique leur écrasant succès dans l'industrie, 2,5 fois plus puissante que la nôtre.

Il faut dire qu'avec la pensée unique et destructrice qui a prévalue (et demeure?) qu'il ne faut plus d'usines sur notre sol, mais faire du service, on allait droit dans le mûr. Avec la bénédiction des autorités politiques et autres soi-disant experts économistes, évidemment.

Et certains de ces mèmes "abrutis", affirment toute honte bue, le contraire aujourd'hui : il faut ré-industrialiser le pays !!

Sans faire de politique politicienne, on peut quand même penser que les persistants problèmes et conflits sociaux actuels en France (suffit d'écouter les infos TV, chaque jour), nos déficits chroniques, l'augmentation du vote d'extrême droite, etc en sont pour une large part une conséquence…

Dans un pays aujourd'hui disparu (URSS), ces responsables là seraient allés faire un petit séjour du coté de la Sibérie !!

3. Le jeudi, 9 janvier 2020, 11:00 par Mèkilékon

Comme Michel CHAPUT, que je salue ici (et oui, on se connait depuis longtemps!!), je m'en vais commander cet ouvrage.

4. Le vendredi, 10 janvier 2020, 18:14 par Idir ZAIDI

J'ai travaillé de nombreuses années à la Direction de la Qualité Fournisseurs de Renault et, à cette occasion, j'ai régulièrement rencontré et travaillé avec Patrick Cochet. C'est un Homme passionné par son métier, la Fonderie, constamment animé par la volonté de "bien faire". Il a en effet très mal vécu les différents plans sociaux des Fonderies … et on le sentait atteint dans sa chair. Malgré cela, il a toujours conservé une très grande rigueur et implication dans son travail jusqu'à son départ …


Patrick, je te souhaite une TRES bonne retraite méritée et sereine.
J'ai également cessé mon activité professionnelle depuis peu et je vais donc avoir tout le temps et le loisir de lire ton livre que j'ai commandé !

PS: Pendant toutes ces années, je t'ai vouvoyé dans le cadre de nos relations professionnelles. Maintenant, nous avons le même statut, retraité ou presque, et je me permets de te tutoyer…

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