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Entreprises, embauchez des doctorants !

LE CERCLE - Le doctorat est un diplôme très valorisé dans tous les pays développés, sauf en France. Pour Gilles Roussel, président de la Conférence des présidents d'université, il faut faire du doctorat la référence en matière de recrutement de haut niveau.

Les doctorants ont l'habitude des environnements incertains, du doute, des chemins de traverse aussi.

Par Gilles Roussel (président de la Conférence des présidents d’université (CPU))

Avec le succès croissant du concours Ma thèse en 180 secondes, qui permet à des doctorants de présenter de façon rigoureuse, ludique et attractive leurs travaux de recherche, l'opinion publique découvre un vivier de compétences exceptionnelles. Elles révèlent le potentiel de talents dont la société française doit tirer profit.

Comment relever les défis du XXIe siècle autour du changement climatique, de la sécurité alimentaire, des mobilités, mais aussi du vieillissement ou encore des matériaux, et bien sûr du numérique, sans des ruptures profondes ? Comment définir des chemins nouveaux sans des regards différents ?

L'époque des grands plans à 10 ans, dans lesquels tout était prévu, est révolue : la société française et son économie ont besoin de talents capables de s'adapter à des changements rapides et incessants. Ne répétons pas l'erreur du Minitel où les chercheurs français interagissaient avec leurs collègues étrangers sur le nouveau paradigme d'Internet, pendant que les entreprises françaises et la haute fonction publique de l'époque, faute d'une culture recherche, ont dédaigné ce tournant ! Ce n'est pas un hasard si le doctorat, vu comme un avantage compétitif majeur, est la référence de tous les pays développés, sauf la France.

Formés à la complexité

Ces talents nouveaux, ce sont nos 74.000 doctorants et plus de 15.000 docteurs diplômés chaque année qui préparent, dans nos laboratoires, ces ruptures innovantes. En première ligne pour découvrir ce qui va façonner notre quotidien, elles et ils contribuent à dessiner les évolutions de la société et les emplois de demain.

Ils ont l'habitude des environnements incertains, du doute, des chemins de traverse aussi : leurs trois ans d'études et de recherche après un master déjà sélectif sont un apprentissage exigeant et les compétences acquises vont bien au-delà de leurs connaissances scientifiques pointues.

Doctorat : les têtes chercheuses creusent leur sillon dans l'entreprise Inventant en continu des solutions nouvelles, leurs compétences sont aussi celles d'une société plus collaborative. Ils savent gérer un projet, le vulgariser, manager des équipes et communiquer, être persévérant, tirer profit des échecs, mais aussi rechercher des fonds. Formés à la complexité, ils ont appris à bannir les réponses trop simples. Parce qu'ils travaillent sur l'incertitude, ils sont créatifs et ouverts à la critique.

Embaucher des docteurs en entreprise, c'est entrer de plain-pied dans une mondialisation compétitive, se positionner sur le haut de gamme et sur l'innovation, en se nourrissant des avancées considérables de la recherche publique. Dans un pays attaché comme il l'est aux diplômes, il est temps de reconnaître réellement, pour le bien commun, le plus élevé d'entre eux.

Il faut faire du doctorat, comme dans les autres pays, la référence en matière de recrutement de haut niveau.

Trois propositions Pour donner au doctorat de la visibilité, à la fois dans le monde académique, les entreprises et la haute fonction publique, les présidents d'université font trois propositions.

Le monde académique doit revaloriser tous les contrats doctoraux pour qu'ils restent attractifs, ainsi que les rémunérations du début de carrière dont le niveau en France est inférieur au niveau européen.

La haute fonction publique doit intégrer ce vivier d'excellence dans les réflexions sur ses évolutions.

Les entreprises doivent faire du doctorat, comme dans les autres pays, la référence en matière de recrutement de haut niveau, d'une part en augmentant le nombre et le financement des thèses en entreprise (Cifre), notamment dans les PME, et d'autre part en triplant la prise en compte des salaires des doctorants et docteurs ainsi que de la recherche externalisée dans les laboratoires publics, dans l'assiette du CIR.

La haute fonction publique doit intégrer ce vivier d'excellence dans les réflexions sur ses évolutions. Nos docteurs portent en effet un modèle de décision basé sur la contradiction, la gestion de l'incertitude et l'échange, si indispensables aujourd'hui.

Gilles Roussel est président de la Conférence des présidents d'université.

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