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Belfort fait d'ores et déjà face au désengagement de General Electric

Traces Ecrites - Fabrication du corps d'une turbine dans les ateliers d'Alstom Power avant son rachat par GE. © Pierre-Yves Ratti.

Quel sera l'ampleur du plan d'économies de General Electric (GE) et ses répercussions sur le site de Belfort ? Le voile devrait s'écarter le 30 avril, selon les syndicats. Les sous-traitants du fabricant de turbines sont touchés depuis deux ans par un gel des commandes. La Vallée de l'Energie a lancé en janvier une mission pour les accompagner. Et les élus reprennent les pistes esquissées par les syndicats pour envisager des débouchés de diversification.

Le rachat de la branche énergie d'Alstom par GE (General Electric) avait fait l'unanimité en 2016 parmi les élus belfortains. Ils déchantent aujourd'hui. Les sous-traitants du nord Franche-Comté, de leur côté, tirent la sonnette d'alarme depuis plusieurs mois sur le gel des commandes de l'entreprise américaine. Et, si le géant américain n'a encore rien officialisé, les inquiétudes sont fortes quant à l'évolution du site de GE à Belfort qui fabrique des turbines pour les centrales électriques. Selon les syndicats, lors d'un comité de groupe européen qui s'est tenu les 10 et 11 avril derniers, un plan de réduction des coûts de 800 millions d’€ a été présenté comme étant en cours de finalisation. Le plan complet de restructuration, pour toutes les entités Europe, doit être présenté le 30 avril : on saura alors quelles entités seront touchées et dans quelles proportions. La consultation des instances syndicales sera lancée dans la foulée.

Chez GE en France, 575 départs volontaires ont déjà été actés à travers un dispositif de rupture conventionnelle collective et un plan senior. A Belfort, plus de 200 départs sont ainsi prévus dans les deux entités rachetées par l’Américain, 194 chez Alstom Power System et 18 chez Power Conversion. L'annonce en 2018 d'une activité de fabrication additive de pièces de turbines à Belfort, comme compensation de la promesse non tenue de création d'un millier d'emplois en France lors du rachat de la branche énergie d'Alstom, est restée lettre morte : le projet a été implanté aux États-Unis.

Mais l’hémorragie de la branche « power » de General Electric dans le Territoire de Belfort ne s’arrêtera certainement pas là. Les syndicats évoquent aujourd’hui entre 800 et un millier de suppressions de postes. Si bien que dans le nord Franche-Comté, plus personne ne se pose de question sur de la possibilité d'une restructuration : les interrogations portent sur son ampleur et sur son calendrier. A tel point que ni les syndicats ni les politiques ne se battent pour le maintien des emplois, mais ils se mobilisent pour préparer l'après, autrement dit, la diversification du site.

Ancien député et aujourd'hui président du Grand Belfort, Damien Meslot a convoqué, le mardi 16 avril, un conseil de communauté extraordinaire avec GE comme seul point à l'ordre du jour. Les deux députés du Territoire de Belfort, Michel Zumkeller (UDI) et Florian Boucard (LR) qui siègent habituellement comme conseillers, avaient pris place auprès du président. S’étaient joints à eux, le président du conseil départemental Florian Bouquet (LR). Et, plus inhabituel encore, la présidente du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay (PS).

Et comme cette soirée était décidément inédite, les élus ont commencé par écouter les représentants des syndicats de GE, la CFE-CGC, Sud et la CGT qui, inédit là encore, font front uni. « Un licenciement ça coûte cher. S'il y a de l'argent pour licencier, il y en a pour investir », se sont-ils efforcés de démontrer. Les syndicats y ont réussi sans grande difficulté auprès des élus locaux, puisque la motion à l'intention du président de la République, présentée aux élus communautaires reprend leurs propositions de diversification de l’activité du site.

Elle prennent quatre directions. L’outil industriel de Belfort pourrait participer à la mise en œuvre du plan « grand carénage » pour restaurer le parc nucléaire français et prolonger sa durée de vie. Il pourrait aussi travailler pour l'aéronautique, via la coentreprise CFM International entre Safran et General Electric Aviation. Belfort pourrait devenir un centre mondial de développement des jumeaux numériques des centrales. Enfin, ce pourrait être l’occasion de développer un secteur d’avenir encore émergent, une filière industrielle de l’hydrogène-énergie.

Une amende de quelque 50 millions d’€ General Electric fait travailler une trentaine de sous-traitants industriels et sociétés d'ingénierie dans le nord Franche-Comté. © GE

Dans ce contexte morose déjà depuis deux ans, la Vallée de l'Energie, cluster installé à la CCI du Territoire de Belfort, a été missionnée pour accompagner les sous-traitants confrontés aux baisses de commandes de l’énergéticien. Un budget de 400.000 €, apportés pour moitié par GE et pour l’autre par la Région Bourgogne-Franche-Comté, lui a été attribué pour mener à bien cette mission. Lancée au mois de janvier par un diagnostic de la situation, l’étude sera rendue publique au mois de mai. Les premières estimations chiffrent à 15 millions d’€ les pertes de commandes pour les sous-traitants de GE.

Se pose également la question de l'affectation de l'amende payée par GE au titre des 1.000 emplois promis lors du rachat de la branche énergie d’Alstom, mais jamais créés. Elle représente une manne de quelque 50 millions d’€ que les élus et acteurs économiques aimeraient récupérer dans le nord Franche-Comté. Le vendredi 19 avril, le ministère de l’Économie a annoncé la nomination de Guy Maugis à la présidence du comité de pilotage chargé de piloter ce dispositif destiné à « soutenir le développement industriel et la création d’emplois, notamment en permettant aux entreprises de réaliser les investissements productifs nécessaires à leur développement », précise le communiqué. Le maire de Belfort a indiqué qu'il serait associé au comité, à titre consultatif. Mais d'autres élus locaux, d'autres régions, le seront également.

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