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La famille Gupta prête à reprendre la Fonderie du Poitou

Les Echos -

La Fonderie Poitou commandes dévisser 40 % derniers mois, fond crise diesel. Frappé par le déclin du diesel, le sous-traitant automobile demande son placement en redressement judiciaire. Environ 400 emplois sont concernés dans la Vienne. Le groupe britannique familial GFG est sur les rangs pour une reprise. « On va rentrer dans le dur. La chute du diesel va toucher les constructeurs, mais ce sont les sous-traitants qui sont en première ligne »

, avertissait encore un syndicaliste de PSA il y a quelques jours. Il ne faut en effet pas être grand clerc pour comprendre que le déclin accéléré du diesel aura des conséquences rapides sur le tissu industriel français.

L'une des premières ? La Fonderie du Poitou Fonte, un sous-traitant historique de Renault qui emploie environ 400 personnes dans la Vienne, vient de demander son placement en redressement judiciaire auprès du tribunal de Poitiers. « C'est une étape permettant de faciliter la recherche d'un repreneur », commente-t-on à Bercy.

Le déclin du diesel, un casse-tête pour PSA Dans le dur depuis quelques années, le fabricant de carter-cylindres en fonte de Châtellerault a expliqué vendredi faire face depuis six mois à une baisse de plus de 40 % de ses commandes. Plus ou moins 70 % des pièces usinées sur place sont destinées à l'assemblage de moteurs diesel - technologie qui a vu sa part de marché divisée par deux en six ans dans l'Hexagone.

Selon l'Observatoire de la métallurgie, 10.000 à 15.000 postes sur les 37.500 que compte la filière française du diesel sont menacés à horizon 2030. Six établissements seraient en « crise avérée à traiter en urgence », une trentaine d'autres sous le coup d'une « menace grave et imminente ». Soit, au total, 5.500 emplois en situation critique - comme ceux de la Fonderie du Poitou.

Reprise commune ? L'entreprise, qui travaille pour Fiat et surtout Renault, avait lancé un plan de sauvegarde de l'emploi en octobre dernier, 103 postes de nuit devant être supprimés. En 2017, les comptes avaient pourtant retrouvé l'équilibre après plusieurs années de pertes, avec un chiffre d'affaires de 91 millions d'euros.

Le propriétaire des lieux depuis 2014, Jérôme Rubinstein, déplore que l'Etat n'ait pas « mis en oeuvre des mesures à la hauteur des enjeux avec seulement 18 millions d'aide ». Le dirigeant estime par ailleurs que la « meilleure solution industrielle » serait un rattachement avec le site voisin Saint-Jean Industrie (ex-Fonderies Alu, un peu plus de 300 salariés), lui-même en redressement judiciaire depuis trois mois. Les deux entités occupent les mêmes locaux. Jérôme Rubinstein affirme qu'il soutiendra « tout investisseur qui aura un projet de reprise global des deux sites ». Les pouvoirs publics et Renault privilégieraient également cette formule. Sannjeev Gupta, l'homme qui veut réindustraliser l'Europe Pour l'heure, un candidat à la reprise semble émerger, l'anglais GFG, propriété de la famille Gupta, versée dans l'aluminium et l'acier. « La fonte n'est pas notre coeur de métier et les perspectives sont compliquées, mais nous allons déposer une offre au tribunal, avec une clause suspensive si l'on n'obtient pas la reprise de la partie aluminium », explique Philippe Baudon, le directeur général de GFG France qui a repris une fonderie d'aluminium à Dunkerque (site historique de Péchiney) et qui affirme avoir déjà signé une lettre d'intention.

« Notre intérêt pour la fonte est défensif », dit ce dernier. Ayant déjà déposé une offre ferme pour la reprise de Saint-Jean Industries auprès du tribunal de Lyon, il juge que si la partie fonte périclite, elle risque d'entraîner avec elle la partie aluminium - celle qui l'intéresse avant tout. GFG est donc prêt à s'engager sur le lot. « Il faudra que l'offre formulée soit acceptable, notamment pour les clients du site », souligne-t-on à Bercy.

Julien Dupont-Calbo @jdupontcalbo

SUR LE MÊME SUJET Chute du diesel : 10.000 à 15.000 emplois menacés en France L'anglais GFG reprend l'usine de roues AR Industries

Commentaires

1. Le jeudi, 7 février 2019, 10:05 par france bleue

Philippe Baudon, Directeur Général des opérations de Liberty Engineering en Europe, répond à nos questions sur son offre de reprise de la Fonderie Alu à Ingrandes, usine placée en redressement judiciaire.

Liberty House est une filiale de la compagnie GFC Alliance, conglomérat dirigé par un milliardaire indien et qui emploie 14.000 personnes dans le monde. Depuis plusieurs années, Liberty rachète des usines spécialisées dans l'acier ou l'aluminium. La société a fait l'acquisition de plusieurs sites européen d'Arcelor-Mittal, et surtout, elle a frappé un grand coup en reprenant début 2018 l'usine aluminium de Dunkerque, ex-Péchiney, moyennant près d'un demi-milliard d'euros.

Depuis, le groupe est aussi devenu propriétaire du fabricant de jantes F2R de Châteauroux. A Ingrandes, Liberty prévoit de supprimer 130 postes sur 350 à la Fonderie Alu et d'investir cinq millions d'euros, notamment pour moderniser l'usine. Largement insuffisant pour les syndicats.

Le candidat peut-il revoir sa copie ? Son intérêt pour la Fonte est-il réel ? La casse sociale est-elle inévitable dans ce dossier ? On lui posera toutes ces questions à 8h10 ce jeudi 7 février.

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