Philippe Baudon, directeur Liberty engineering Europe : « Liberty House, c’est une société industrielle et familiale. Ce n’est pas uniquement une société d’investissements qui achète et revend des entreprises. Nous sommes aujourd’hui dans les métaux acier et aluminium et dans la transformation de ces métaux. Ce qui s’appelle aujourd’hui l’usine Saint-Jean Industries Poitou s’inscrit dans cette démarche. Nous avons des expériences réussies de retournement de société en difficultés. »

Des perspectives de développement qui passeront par de la casse sociale si l’on en juge votre offre de reprise auprès du tribunal de commerce de Lyon ? « Le volume d’activités 2019 et 2020 pour le site d’Ingrandes est connu, en baisse, ce qui, en reprenant le site dans les semaines qui viennent, nous conduit malheureusement à ne pas pouvoir reprendre l’intégralité des employés. Les chiffres (NDLR : suppression de 130 emplois sur 350) ne sont que préliminaires. On va travailler en février sur ces chiffres et voir s’il y a une opportunité d’amélioration. » Quid des investissements annoncés ?

« Nous sommes sur un engagement d’environ un million par an de maintenance. Nous avons aussi identifié 4,5 millions d’euros d’investissements nécessaires à du “ revamping ” (NDLR : remplacement d’équipements obsolètes pour les mettre à niveau) pour assurer la pérennité du site. » Les représentants du personnel insistent sur la nécessité d’une reprise avec une diversification de l’activité. Êtes-vous ce repreneur ? « C’est indispensable. Nous avons des discussions avec Renault. Renault restera un client important du site mais ce ne sera pas le seul. C’est sur quoi nous travaillons aujourd’hui. Nous avons déjà trois demandes de cotation de pièces pour trois clients différents européens. » Quelles seraient ces pièces fabriquées à la Fonderie ?

« Ce ne sont pas des culasses dans les trois cas, ce sont des pièces de liaison au sol (triangles de suspension) dans deux cas et des pièces pour faire des turbos dans un 3e cas. Tout en sachant que cette part de culasses sera de toute façon amenée à baisser. On travaille sur une diversification de clients et de pièces. » Les volumes ?

« On a commissionné un cabinet indépendant pour faire une étude de marché. On a une des demandes d’un client sur les dites pièces de liaison au sol qui concerne un volume total annuel de 1,2 million de pièces, ce qui est sensiblement plus que ce que fait Ingrandes aujourd’hui. Aujourd’hui, on n’a pas de fonderie basse pression, si on a la commande et si Ingrandes rejoint le groupe, ce sera Ingrandes le producteur. » Votre stratégie est-elle aussi de racheter la Fonderie Fonte voisine ? « C’est le sujet sur lequel on travaille. On a des discussions en cours. Le rachat de la Fonderie Fonte, qui ne va pas aussi très bien, permettra de renforcer l’ensemble. Dans ce cadre-là, un regroupement des deux activités permettra de se renforcer mutuellement et de donner des perspectives plus positives pour la Fonte. »

Combien comptez-vous mettre sur la table pour racheter la Fonte ? « La situation de la Fonte est telle qu’on ne pourra pas faire un rachat comme ça. » Un rachat comment alors ? « Il y a un certain nombre de procédures qui ont déjà été lancées type “ prépack ” (*) et c’est dans ce schéma-là que nous nous inscrivons. » (*) Le « prépack cession » permet de vendre une entreprise à un prix forfaitaire indépendamment du niveau des dettes dans le but de permettre le maintien de l’activité et des emplois.berty engineering Europe.