Pour l’heure, le tribunal de commerce de Lyon a confirmé, comme nous l’annoncions hier, qu’il n’avait reçu sur la table qu’une seule offre de reprise pour Saint-Jean Industries Poitou, celle formulée par Liberty House (lire ci-dessous), rapportent les représentants du personnel, Jean-Philippe Juin et Géry Begeault, ainsi que le député nord Vienne, Nicolas Turquois, tous trois présents à l’audience hier matin.

Mais le plan de reprise formulé par le groupe anglais est loin de satisfaire représentants du personnel et syndicats. « Liberty House propose un investissement de 4,5 millions d’euros sur le site et un million par an dans la maintenance des installations. Quant au plan de charge, il ramènerait des pièces à eux sur le site. Mais on ne sait pas quoi ni combien… », tempère Jean-Philippe Juin.

Le plus préoccupant, c’est sur le plan social : il y aura de la casse. « Il est question d’un plan social avec une suppression de 130 emplois si bien qu’il ne resterait plus que 215 personnes dans l’usine au lieu de 350 actuellement. Un salarié sur trois qui perd son emploi, c’est inacceptable ! » Les juges du tribunal de commerce l’ont bien compris. C’est la raison pour laquelle ils ont décidé hier, sans surprise, là aussi, de prolonger d’un mois le délai pour permettre à d’autres éventuels repreneurs de se manifester (2).

Et des candidats intéressés, il y en a. Du moins en coulisses. Certains se sont manifestés au tribunal mais par simple lettre d’intention (lire ci-dessous), sans faire, pour le moment, d’offre de reprise concrète. Une partie de poker menteur va se jouer d’ici la prochaine audience du 19 mars. « Il reste un mois, soit pour que d’autres repreneurs potentiels se manifestent, soit pour que Liberty House revoie sa copie et améliore son offre », tranche Jean-Philippe Juin. En attendant, les représentants du personnel vont exposer la situation aujourd’hui aux salariés et rencontrer leurs camarades voisins de la Fonderie Fonte car « nos destins sont liés ».

(1) L’Alu est placée en redressement judiciaire depuis fin novembre tandis que la Fonte est confrontée, de son côté, à un plan social (103 suppressions de postes).

(2) La nouvelle date limite de dépôt des offres de reprise a été fixée au 28 février et une nouvelle audience a été programmée le 19 mars, sachant que les offres améliorées pourront encore être présentées jusqu’au 17 mars.