Depuis la mise en route et les premiers contrats de recherche signés avec de grands groupes internationaux dans les domaines de l’aérospatial et la sidérurgie (Safran, Aubert & Duval, Ascometal, Vallourec…), 14M€ ont été investis : d’abord avec l’acquisition d’un four de fonderie (fusion sous vide), puis d’une tour d’atomisation unique au monde, permettant de produire une poudre de titane extrêmement fine, matière première nécessaire pour les imprimantes 3D, le secteur de l’aéronautique ou les prothèses médicales.

Enfin, autre pièce maîtresse, le four de recyclage titane capable de transformer les chutes d’usinage « habituellement exportées en Russie ou aux États-Unis avant d’être réimportées », en lingots de 120kg à échelle semi-industrielle, directement réexploitables par les industriels.

Des procédés propres Aujourd’hui, MetaFensch aborde un nouveau virage. Fin 2018, une convention a été signée avec l’Institut de recherche technologique matériaux, métallurgie , procédés (IRT M2P) à Metz. Cette collaboration, déjà amorcée avec la création, en juillet, d’un laboratoire commun, va monter en puissance avec la mise en place d’une deuxième tour d’atomisation… pour l’aluminium cette fois. « L’IRT M2P réalise l’investissement, MetaFensch les travaux d’hébergement, détaille Neill McDonald. Des partenaires industriels, en premier lieu Constellium, spécialisé dans la fabrication de produits en aluminium pour les secteurs de l’aérospatial, de l’automobile et de l’emballage, vont se greffer au projet. Coût de l’opération : « entre 2 et 4M€. » Le nouveau four, également dimensionné pour l’acier ou le nickel, devrait être livré en septembre.

Anticiper les attentes Peu encline à démarcher activement d’autres partenaires en Europe jusqu’à présent, la plateforme revoit désormais sa stratégie. Ou plutôt, veut nuancer Neill McDonald, adapte son modèle économique en s’ouvrant à d’autres marchés et en « mutualisant avec d’autres partenaires ». Ses défis de demain ? « Anticiper l’évolution des attentes en matière de produits, d’alliages, de productivité. Avec une attention toute particulière portée à la dimension environnementale. » Le directeur est « convaincu que l’électrification des procédés, et donc les procédés propres, c’est l’avenir ». À Uckange, les fours sont électriques, « sans émission de CO2 et rejets d’oxydes d’azote ou d’oxydes de soufre », assure t’-il.