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Les salariés de la fonderie Boutté à Beauchamps toujours dans l’attente

Le courrier Picard La réunion du comité d’entreprise, mercredi 12 décembre, n’a pas permis aux salariés de la fonderie Boutté de connaître les modalités du plan social. Mais la plupart d’entre eux seront licenciés.

La direction ne reconstruira pas la fonderie mais devrait maintenir une unité secondaire dans ce bâtiment de la zone d’activité de Saint-Quentin-Lamotte, loué à la communauté de communes des Villes soeurs. La direction ne reconstruira pas la fonderie mais devrait maintenir une unité secondaire dans ce bâtiment de la zone d’activité de Saint-Quentin-Lamotte, loué à la communauté de communes des Villes soeurs.

L’essentiel La fonderie Boutté, créée il y a plus de 150 ans à Friville-Escarbotin, est installée à Beauchamps depuis 2010. Elle appartient à la société Aciérie et fonderie de la Haute-Sambre. Elle est spécialisée dans le prototypage de pièces de fonderie. Elle fabrique aussi du matériel pour les fours industriels, l’automobile, la pétrochimie, les centrales nucléaires…

L’usine a été en partie détruite par un incendie le 12 avril. Il n’y a pas eu de blessé parmi les 47 salariés. Une mesure de chômage technique a été accordée. Une dizaine de salariés travaille dans un bâtiment loué à Saint-Quentin-Lamotte : les services administratifs, la finition, l’équipe chargée de l’imprimante 3D. Quelques salariés sont partis travailler dans le Nord, pour maintenir une partie de la production de la fonderie Boutté. En septembre, la direction a annoncé qu’elle ne reconstruirait pas, l’investissement étant trop important, et qu’elle mettait en place un plan social concernant presque tous les salariés. Elle maintient cependant l’unité secondaire à Saint-Quentin. La date butoir pour le lancement de la procédure est fixée au 13 janvier.

Déception et colère. Mercredi 12 décembre, en fin d’après-midi, sur le site de Saint-Quentin-Lamotte, les 47 salariés de la fonderie Boutté attendaient des réponses concrètes sur le plan social, à l’issue de la réunion du comité d’entreprise (lire notre édition de mercredi). Mais ils n’ont toujours pas la liste des postes supprimés, ni les modalités de licenciement. Et certains reprochent à la direction de la société-mère, Aciérie et fonderie de la Haute-Sambre, de les laisser dans l’incertitude.

La plupart sont au chômage technique depuis l’incendie qui a en partie détruit l’usine de Beauchamps, en avril dernier. Seule une dizaine continue à Saint-Quentin-Lamotte, dans un bâtiment loué à la communauté de communes, où ont trouvé refuge les services administratifs, ainsi que, depuis juin, l’atelier d’ébarbage et de finition et la machine 3D, sauvée des flammes. Quelques-uns ont travaillé au siège du groupe, dans le Nord, pour maintenir la production de la fonderie Boutté. Mais la direction a annoncé en septembre qu’elle ne reconstruirait pas la fonderie et engagerait un plan de restructuration. Beaucoup de salariés s’y attendaient, cependant.

« On est dans le flou, on sait qu’on va être licencié, mais on ne sait pas quand ! », regrette un ouvrier, employé à la fonderie Boutté depuis 14 ans. « Ça commence à faire long, nous n’avons pas d’infos précises sur l’avenir », ajoute un de ses collègues. Au chômage technique, ils touchent environ 70 % de son salaire, « et ça fait mal ». Brice, salarié de la fonderie Boutté depuis 13 ans, confirme : « Pour moi, cela représente environ 200 à 250 euros par mois. C’est difficile, d’autant que j’ai une maison en construction et trois enfants. Heureusement que ma femme travaille. »

Il poursuit : « Depuis avril, ça traîne. Et tant qu’on n’a pas les papiers, on ne peut pas chercher un autre emploi. » Et de confier : « Je n’ai jamais été au chômage. Se retrouver sans rien, ce n’est pas évident. Mais je prendrai ce qui vient pour subvenir aux besoins de la famille. Les factures tombent tous les mois, il faut assurer sans se mettre en difficulté. »

À ses côtés, un ouvrier plus âgé, et très remonté contre la direction, s’agace : « J’ai du boulot qui m’attend derrière, mais je suis bloqué, car on est au chômage partiel. Plus vite ça se termine, mieux ce sera. » Beaucoup sont convaincus qu’ils ne retrouveront pas de travail en fonderie, et espèrent pouvoir suivre des formations. Âgé de 58 ans, un agent de maîtrise lâche, fataliste : « On attend la suite. Il va falloir se recycler, trouver un autre métier. » « Épée de Damoclès » Même ceux qui ont poursuivi l’activité à Saint-Quentin ne sont pas plus avancés. La direction devrait maintenir cette unité secondaire mais tous les postes ne seront pas conservés. « On sait depuis le début qu’on a une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. Elle va tomber maintenant », résume l’un des salariés concernés.

Une prochaine réunion est prévue le 19 décembre. Selon les délégués du personnel, quatre postes seulement seraient conservés, peut-être davantage suivant les résultats de l’entreprise. La date-butoir pour le lancement de la procédure a été fixée au 13 janvier, « si tout se déroule correctement ». La mesure de chômage technique court jusqu’au 31 décembre, mais son renouvellement a été demandé auprès des services de l’État. Si la direction essuie un refus, elle s’est engagée à verser les salaires jusqu’à la date annoncée. Le PDG, cependant, n’a pas répondu à nos appels. __ Un dernier cadeau__ Les salariés de la fonderie Boutté avaient été invités à venir sur le site de Saint-Quentin-Lamotte à l’issue de la réunion du comité d’entreprise (CE), par les délégués du personnel. Ces derniers souhaitaient les informer directement de la situation mais aussi remettre à chacun une carte-cadeau, comme tous les ans. Mais c’était la dernière offerte par le CE avant sa dissolution.

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