la fonderie et piwi

Le blog de l'amicale AAESFF

Pour ne rien dire, ou presque, Pour ne pas s’envoler dans le commentaire, Pour rester à la confluence du savoir et de l’ignorance : au pied du mur. Montrer : comment c’est , comment ça se passe, comment ça marche. Diviser les discours par des faits, Les idées par des gestes, par des photos Juste les commenter quotidiennement

Logo JML oct 2018 Logo BMF 5-10-18 Logo Elkem 1-6-16 Logo Ampere Alloys Logo AMF 1-6-16

Visiteurs : 1232974
Aujourd'hui : 537
En ligne : 2

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Danse timbrée à l’ombre d’une cloche

Devenir cloche le temps d’une transe. Bourdonner, vibrer, sonner de tout son corps de spectateur. Et se purger des tracas du jour. Lignes de conduite de la jeune chorégraphe suisse Maud Blandel opère ainsi à la Salle des Eaux-Vives, fief de l’Association pour la danse contemporaine à Genève. Vous pensez être assis et vous êtes déjà happé par les galops groupés de quatre sylphides infatigables, chevelure de demoiselle dans le vent, pull et pantalon anthracite.

Rituel et minimalisme

La jeune chorégraphe Maud Blandel s’inspire des tarentelles d’antan. A l’affiche à Genève jusqu’à dimanche, sa ronde pour quatre danseuses sonne juste

Comment fait-elle, Maud Blandel, pour vous ébranler ainsi? Elle imagine d’abord un dispositif liturgique. Au milieu de la scène, une grosse cloche de cathédrale. Au premier plan, quatre longues cordes rattachées au bourdon. Chaque danseuse se positionne devant le sien. Dans cinq secondes, elles tireront ensemble, afin que la cloche descende d’un cran, plus près du sol. Tintinnabulent alors clochettes et clarines, ondée argentée ou cuivrée.

Vous avez dit tapis roulant métallique? Telle est l’œuvre du musicien Charlemagne Palestine, une référence. C’est sous cette averse que le quatuor commence sa course, à pas de loup, puis de biche, puis de centaure, effarouchés selon la tonalité, impérieux à l’improviste. Ce qui frappe alors, c’est l’attention de l’une au mouvement de l’autre, comme si chacune était un miroir pour les autres. Les bancs de poissons, les hardes de sangliers ne procèdent pas autrement.

Maud Blandel s’intéresse à nos rituels, archaïques ou actuels. Dans une précédente pièce, elle faisait défiler des pom-pom girls, ces fantassins en jupe courte qui sont censés amortir les chocs du football américain. Cette fois, elle détourne les tarentelles du sud de l’Italie. Elle en conserve le principe d’une ronde inexorable. Une danse à la fois minimale dans son expression et maximale dans son expansion.

Ajouter un commentaire

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Fil des commentaires de ce billet