la fonderie et piwi

Le blog de l'amicale AAESFF

Pour ne rien dire, ou presque, Pour ne pas s’envoler dans le commentaire, Pour rester à la confluence du savoir et de l’ignorance : au pied du mur. Montrer : comment c’est , comment ça se passe, comment ça marche. Diviser les discours par des faits, Les idées par des gestes, par des photos Juste les commenter quotidiennement

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Piwi : " Ils ont été mes maîtres,

et je leur dois beaucoup…". pour ce parcours professionnel qui, après plus de quarante années d’activité , continue…

A tout seigneur, tout honneur : monsieur Gendre professeur de modelage à qui je dis ma formation au diplôme d’élève breveté des ENP. Suivront messieurs Catoire et Jemin professeurs de fonderie en classe TS au Lycée Technique de Creil.

Après mes premiers contacts en 1966 avec la toute nouvelle unité Affifrance de Compiègne, c’est chez Joassart à Wassigny (02) que je découvre la fonderie. C’est de Serge Renaud le patron, que je reçois mes authentiques premières volées de bois vert. Mais chacun doit savoir ici que je lui dois beaucoup.

Au pied du cubilot des fonderies de Jeumont, mes maîtres ont été messieurs Barnabé du CTIF, Maly, Amory (esf* 51) et Devos. Dans la cour de la fonderie Jean Pierre Papin s’essayait, lui, au football.

Aux Aciéries de Paris Outreau de la Plaine Saint Denis, c’est Henri Prévost (am & esf*) et Gérard Dubourg (esf*) qui ont continué de me former.

Pierre Richard (am & esf*), le poulain d’Henri Prévost, m’a, quant à lui, initié au procédé Shaw de la toute nouvelle fonderie Doernen, elle aussi sise à la Plaine Saint Denis.

A Noisy le sec, aux Fonderies et Aciéries de Paris Seine - FAPS « usine de la Folie » - c’est sous la férule de Jean Sangnier (esf* 50) et de Paul Dubut (esf* 56) que j’ai œuvré au rapprochement d’APO & FAPS.

Le 1er janvier 1973, j’entrai pour 14 années au SGFF. D’abord au service de la formation avec comme maitre René Neyret (esf* 46) et Marcel Le Meur (esf* 53), puis au service de la grande Région Parisienne avec Gilles Curti comme Président. Ma formation administrative, je la dois à Georges Dumay le directeur de la formation professionnelle, lui-même dévoué au service de Daniel Waeles qui a façonné le devenir de la profession.

Aurèle Maulvault, puis Gérard Cornet ont pendant toutes ces années été mes patrons et les pièces maîtresses de la grande maison de la rue de Bassano.

Pendant une bonne partie de cette période, Marcel Le Meur (le DG de Delachaux) m’avait demandé de poursuivre l’action de René Neyret (fonderie de Choisy) et de m’intéresser de près à l’association amicale de l’Ecole Supérieure de Fonderie, en rendant notamment service à ses membres. Marcel venait de prendre la suite Raymond Guérin et de Paul Falaise à la tête de l’association. Il aura été suivi en cela par Jean Louis Lambert et Armand Hannequin et Frédéric Tritz. Sans réels moyens financiers, avec un budget annuel de 20 000 €, mais avec une volonté de faire rayonner les membres de cette école, avec cette amicale je me suis appliqué à y faire vivre un certain esprit de corps.

L’envie d’entreprendre m’a conduit à investir en 1987 mes petites économies pour m’associer à Olivier Caby (esf* 73), dans le rachat à sa famille de cette belle fonderie de Massy : Senpof- Girebronze construite en 1947 dans un champ de luzerne où est venu s’installer en 1988 l’interconnexion des TGV et son importante gare : la fonderie aujourd'hui remplacée par l'hôtel Mercure rue Carnot . Avec Régis Bocquel et grâce aux infos de Bernard Pelletier, c’est là que nous avons pu couler les éléments du pouce de César pour les JO de Séoul puis celui de la Défense. Ainsi, avec Jean Claude Brière et Bernard Mithouard , avions nous donné naissance à la fonderie d’Art de Massy qui complétait les moulages mains et mécanisés, la centrifugation et la coulée continue, ainsi qu’une partie négoce : Métaprofil. .

L’impossible association des deux actionnaires se terminera rapidement et c’est très vite sur le sable que le mandataire social que j’étais devenu s’est retrouvé. Je remercie ici Serge Renaud, Marcel Le Meur, et Claude France (esf* 56) pour leurs aides qui m’ont évité de ne pas chavirer. C’en est suivi un passage chez Comafond, terme de la vie de Bonvillain & Ronceray à Choisy le Roi où l'on fabriquait tous les matériels de sablerie.

Villejuif, au sommet de la côte des Hautes Bruyères, celle que vous empruntez à la porte d’Italie pour rallier la province, est en effet une butte de sable où Rodin qui avait son atelier à Meudon, venait se servir pour faire et faire-faire ses œuvres avec cette curiosité géologique : un sable silico-argileux naturel !!! (175 AFA et 22 % d’argile) au pied de l’institut Gustave Roussy. C'est maintenant le parc départemental.

C’est là que je me suis fait embaucher par Claude Stennler le DG de SAMC qui venait de racheter les Etablissements Bervialle et la société Catteau Langlois deux producteurs de sable bien connus des fondeurs. Sous l’autorité de Claude Le Bouar, c’est au rythme de 250 visites par année que je suis allé à la rencontre des Fondeurs. Pendant le temps de cette « absorption » j’ai donc travaillé aussi sous l’autorité de Claude et Michel Bervialle les anciens propriétaires.

Le temps que Poliet (sans Chausson) fasse son marché et créée Point P, me voilà dans la tourmente d’une autre « fusion absorption », celle conduite par SIFRACO. Mes 50 ans sonnés, comment tenir dans une entreprise familiale devenue mondiale et monopolistique (sinon, au moins oligopole) en Europe ?

Je n’ai pas, après le temps des Claude, réussi à tenir avec les Alain Barbeau et Alain Carron (esf 66) qui trouvaient que je ne rentrais vraiment pas dans leur moule, celui mû par un capitalisme rhénan qui avait construit ce cartel par rachats successifs plutôt que par une action commerciale.

J’ai donc choisi de rejoindre les frères Fulchiron, le 1er janvier 1999, pour ainsi proposer aux trois marchés de la fonderie, de la verrerie et des enduits, une alternative à Sibelco.

A 61 ans j’avais fait valoir mes droits à la retraite. Fulchiron a fait rentrer à son capital le groupe japonais ACC  n° 1 mondial du verre. Et c’est Gilles Feraille qui a été chargé d’augmenter les 2 millions de tonnes produites et les 20 millions d’euros de chiffre d’affaires de la société. Bernard Fulchiron récemment décédé , Jean fulchiron quittera la société en décembre 2018. C'est un ESFF Frédéric Janowski qui entretient la clientèle des fondeurs

En 2009, ma collaboration aux Fondeurs de France a recommencé pour trois années à mi-temps sous la houlette de Jean Luc Brillanceau. Muni en plus des casquettes de l’ATF, de l’AAESFF, de JFBA, j'ai collaboré notamment à la revue commune avec le CTIF : Fonderie Magazine .

Depuis 2006 le  blog Piwi qui n’est pas institutionnel, continue pour la bonne cause « d'aider à faire passer l’idée que la fonderie a encore un avenir ». Mes nombreuses rencontres et échanges avec vous m’ont encouragé à le redémarrer plusieurs fois  ; ce que j'ai fais chaque fois, aidé par Nicolas Tallet que je remercie en votre nom aussi.

Ce petit mémo pour faire suite à quelques interrogations lors de certains contacts avec les jeunes générations rencontrées au Métaldays de Chaville ce mercredi

Patrick Wibault dit PIWI

Commentaires

1. Le vendredi, 9 novembre 2018, 14:29 par Gérard BdeG

Bonjour à tous, bonjour Patrick,

En lisant ton parcours professionnel je retrouve certains noms qui ont marqué ma propre destinée dans la profession. Nous en avons bavé, parfois les décisions pour changer de cap furent difficiles à prendre mais à cette époque celui qui voulait, pouvait, à la différence d'aujourd'hui où il faut se battre pour trouver un emploi.

Nos anciens comme Marcel Lemeur, Georges Dumay, Sangnier, Dubut, m'ont donné cette passion pour la Fonderie et mes "pères", Mr Boureau (Boureau Industries)et Mr Rihal (Fonderie Miniè), m'auront permis d'avoir une belle carrière.

Donc aujourd'hui place aux jeunes qui ne manqueront pas de venir vers toi plus facilement maintenant qu'ils te connaissent mieux.

Amicales pensées.
Gérard

2. Le vendredi, 9 novembre 2018, 16:46 par robert

Bonjour Piwi;

Pour ton parcours étudiant, tu as été quand à L'ESF?

Robert de F

 

PW : jamais.

  Je suis seulement et vraiment honoré comme ESFF/h  c'ést à dire esff d'honneur ainsi distingué par Marcel Le Meur et ses conseils d'alors et les présidents successifs..

3. Le vendredi, 7 décembre 2018, 18:55 par daniel BANNWARTH

Belle carrière Patrick. Nous nous sommes croisés plusieurs fois et ce fut toujours avec grand bonheur.

 

Piwi : on a fait mieux que de se croiser, tu as fait une belle carrière : Montupet, Waeles et la création de ta fonderie en Anjou et les cours de maîtrise... fonderie !!!

 

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