… C'est un ensemble de logements organisés autour d'une cour couverte centrale, lieu de vie communautaire où se rassemblent et vivent les membres d’une même communauté poursuivant une même tâche, unies par des intérêts communs : ici à Guise des ouvriers fondeurs. Notre visite de la fonderie Godin de ce jeudi 31 mai s’est poursuivie par la visite du Musée Godin où mieux qu’avec de longs discours nous avons pu admirer l’évolution des fabrications d’une usine du milieu du 19ème siècle à celles d’aujourd’hui.

Mais c’est en visitant le familistère de Guise que nous avons découvert cet industriel autodidacte Jean Baptiste Godin. Ce natif des alentours de Guise qui après avoir fait son tour de France comme compagnons du devoir, se découvre une vocation d’industriel de la fonderie, mais aussi d’architecte et même d’organisateur des relations sociales. C’est ce familistère de Guise, qui construit à partir de 1859,selon notre jeune guide devra favoriser la vie collective des familles, de prendre en charge l’organisation des relations sociales, d’exalter le travail ouvrier et les vertus de l’enseignement et de la culture. C’est ce concept, très en faveur dans les milieux intellectuels au XIXe siècle qui a été promu par cet industriel idéaliste qu’était Jean-Baptiste André Godin.

Il s’est inspiré de l'utopiste Charles Fourier dont la statue place de Clichy fondue par les allemands n'est toujours pas revenu sur son socle. Notre groupe a écouté cette étonnante histoire sans piper mot devant l’érudition de notre guide. Dubitatif quant à l’histoire de celui qui a tenté de réaliser ce phalanstère, l'idée d'association était en effet promise à un grand avenir, qu'il s'agisse des syndicats ouvriers ou des coopératives qui comme tous les autres ont échoué. Mais à Guise ce sera bâtiment splendide réunissant les triples conceptions de l'économie, de l'utilité et de la grandeur que nous aurons apprécié. Le familistère de Guise, créé par Godin sur des plans qu'il avait établis lui-même, et qui conserva sa fonction à l'identique jusqu'en 1968 est aujourd'hui classé au titre des monuments historiques et toujours habité. 72 000 visiteurs par an en ont fait le site touristique le plus visité de l’Aisne.