La fonderie Boutté, créée il y a plus de 150 ans à Friville-Escarbotin, est implantée depuis 2010 à Beauchamps, où elle a repris les locaux de l’entreprise CCO, route d’Embreville.

Elle est spécialisée dans le prototypage de pièces de fonderie. Elle fabrique aussi du matériel pour les fours industriels, l’automobile, la pétrochimie, les centrales nucléaires ou hydroélectriques ...

Elle a été en partie détruite par une explosion, suivie d’un incendie, le 12 avril dernier. Il n’y pas eu de blessé parmi les 48 salariés.

Nous ne pourrons pas redémarrer l’activité avant janvier 2019. Au mieux. » Jean-Paul Fouquet, PDG de la fonderie Boutté, vient de recevoir le rapport des experts des assurances. Les spécialistes ont mesuré l’étendue des dégâts provoqués dans cette usine de Beauchamps par l’explosion, suivie d’un incendie, le jeudi 12 avril dernier (voir nos éditions des 13 et 14 avril). Et selon eux, il faudra de nombreux mois pour remettre le site en état. Si cela en vaut la peine. En attendant, une partie des 48 salariés reste au chômage technique : une mesure demandée par le groupe Aciérie et fonderie de la Haute-Sambre (Nord), propriétaire de la fonderie, et validée par l’État, compte tenu des circonstances.

Soutenue par les industriels et les élus Toutefois, si la production est à l’arrêt, une partie du personnel va pouvoir reprendre le travail : les services administratifs, commerciaux, le bureau d’études… Ils ont trouvé refuge à quelques km de là, à Woincourt, dans des bureaux mis à disposition par l’antenne locale de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM). « Nous avons la chance qu’ils nous aident », souligne Jean-Paul Fouquet. Il a également reçu le soutien de la communauté de communes des Villes sœurs (CCVS), dont le président, Alain Brière, est maire de Beauchamps. La CCVS devrait lui louer un bâtiment vacant lui appartenant, mais les élus comme le patron restent discrets sur sa localisation, pas très éloignée de site actuel.

Le but est d’y transférer le matériel qui a pu être sauvé de l’incendie. En particulier « la machine 3D », un investissement lourd, qui permet de réaliser rapidement des prototypes de pièces de fonderie : la spécialité de l’usine. « Nous voudrions la redémarrer au plus vite. C’est une question de survie », confie Jean-Paul Fouquet. Qui annonce : « La société qui nous l’a vendue doit l’examiner, la nettoyer et la remettre en route. » Le PDG espère ainsi ne pas perdre ses clients. La production, elle, a été en partie transférée dans le Nord, « mais cela pose de gros problèmes d’organisation. Ce n’est pas facile d’intégrer une fabrication qui n’était pas prévue », remarque Jean-Paul Fouquet, qui ne veut pas pénaliser le site de la maison-mère.

Concernant le bâtiment de Beauchamps, il a souffert de l’incendie, mais aussi des fumées et des dépôts de suie. Des travaux d’urgence vont être menés pour refaire la toiture et le bardage. « A près, on verra. » Une pétition contre les nuisances

Suite à l’explosion qui a fortement endommagé la fonderie, des habitants du lotissement voisin ont lancé une pétition. Une trentaine de foyers l’auraient signée. « Nous ne souhaitons pas le départ de l’usine, on ne veut pas empêcher les gens de travailler. Moi aussi, j’ai été ouvrier, confie ce riverain. Mais nous demandons que des travaux soient faits pour réduire les nuisances. » Ce retraité évoque le bruit, notamment, des systèmes de ventilation, et surtout l’odeur. Elle serait parfois insupportable, à tel point qu’« on ne peut pas rester dehors. » Lorsque l’entreprise s’est installée ici, dans un bâtiment déjà existant, la direction de l’époque (la fonderie appartenait à un autre groupe) aurait assuré aux riverains que des aménagements seraient réalisés pour limiter ces nuisances. « Rien n’a été fait », constate ce témoin. Il rappelle au passage que le lotissement a été construit avant cette usine.