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Dix ans après la crise, l’industrie reste convalescente

La production manufacturière reste inférieure de 10 % à son niveau de 2007 selon Les Echos - Selon les chiffres publiés jeudi par l’Insee, la production manufacturière hexagonale a reculé de l’ordre de 10 % entre le deuxième trimestre de cette année et la même période de 2007. Pire, elle est aujourd’hui peu ou prou au même niveau qu’en 1993.

Ce qui donne une idée de l'ampleur du défi du redressement productif. L'industrie française a perdu 530.000 emplois en dix ans, une partie de ces postes n'ayant pas été détruite mais externalisée (comme le marketing, la comptabilité...).

Certes, la France n'est pas le pays de la zone euro qui a le plus souffert de la crise. Parmi les grandes économies européennes, l'Espagne a vu sa production industrielle baisser d'un quart en dix ans et l'Italie, de 20 %. Mais l'Allemagne, elle, a fait mieux que résister. Outre-Rhin, la production manufacturière a progressé de 8 % depuis 2007.

L'heure de travail moins cher en France qu'en Allemagne

Pourtant, grâce au Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (Cice) et les baisses de charges sociales du pacte de compétitivité du précédent quinquennat, le coût du travail augmente moins vite en France qu'en Allemagne. Depuis 2012, le coût d'une heure de travail dans l'industrie a grimpé de 6 % dans l'hexagone alors qu'il a augmenté de 12,7 % en Allemagne, selon les calculs de l'institut Coe Rexecode.

Résultat : une heure de travail dans une usine française coûte aujourd'hui 5 % moins cher que de l'autre côté du Rhin et les marges des industriels sont aujourd'hui à leur niveau du début des années 2000. Mais entre les productions allemande et française, le niveau de gamme n'est pas le même. Les produits hexagonaux étant d'une qualité moindre, il paraît logique que le coût du travail soit inférieur de ce côté-ci du Rhin.

Autre problème, alors que la productivité de l'industrie française est relativement élevée, « le niveau de gamme et le degré de modernisation du capital de l'industrie sont faibles », relevait récemment dans une étude Patrick Artus, chef économiste de Natixis. A titre d'exemple, selon ses calculs, la France compte 1,24 robot pour 100 emplois dans le secteur industriel tandis q ue l'Allemagne peut en revendiquer 2,53 . Tout se passe comme si « les entreprises industrielles françaises milieu et bas de gamme réduisaient l'emploi et substituaient du capital au travail, probablement en raison du coût élevé du travail en France » poursuit-il. « Ces entreprises investissent donc beaucoup dans des équipements qui leur permettent de réduire l'emploi, mais pas dans des équipements qui leurs permettraient de monter en gamme ».

Le « conservatisme » des entrepreneurs

La formation de la main d'oeuvre aux nouvelles technologies mais aussi la culture des patrons français peuvent aussi constituer une explication de la contre-performance française. Patrick Artus critique ainsi « le conservatisme des entrepreneurs, peu dynamiques en moyenne, comme le montre le faible nombre d'exportateurs ». L'Hexagone compte environ 125.000 entreprises exportatrices contre plus de 300.000 en l'Allemagne, 210.000 en Italie et 145.000 en Espagne.

Toutefois, la désindustrialisation de l'Hexagone semble au moins temporairement enrayée. Entre le deuxième trimestre 2016 et la même période de 2017, l'Insee a annoncé jeudi que la production manufacturière avait progressé de 2,4 %. L'industrie française profite donc un peu de la reprise de la demande intérieure et extérieure. Pas assez néanmoins pour que la réindustrialisation de la France soit en vue.

Guillaume de Calign

Commentaires

1. Le vendredi, 11 août 2017, 15:46 par Mèkilékon

"Ce qui donne une idée de l'ampleur du défi du redressement productif"?? :

Désolé, mais je ne pense pas que ce redressement soit possible. Au mieux, on pourra, si les conditions extérieures (pas celle de nôtre pays) s'améliorent, ralentir cette lente et inexorable descente aux enfers.

Ce n'est pas pessimiste de dire cela, mais plutôt réaliste.

Il n'y a pas la volonté : tant chez nos politiques, que dans notre administration ou que dans la plupart des grandes entreprises qui préfèrent investir à l'étranger, là où les marchés se développent et les salaires sont maintenus bas.
Il n'y a pas l'argent (où du moins, on dit que...)
Il n'y a plus certaines compétences de bases, ou formations techniques/professionnelles nécessaires et requises pour remettre sur le marché ceux nombreux qui n'ont pas d'emplois ou de qualifications (tout le monde n'est pas ingénieur ou Bac + 5!!et heureusement). Voir les difficultés de recrutement de nombreuses entreprises...
Il n'y a plus beaucoup d'envies/souhaits, chez de nombreuses familles françaises, d'orienter ou voir leur enfants partir dans des voies de formation-apprentissage industrielles. Quand aux gamins, cela n'en fait pas rêver beaucoup à l'heure d'Internet, des TIC et tutti quanti.

Il y a déjà pas mal de temps que la partie est perdue.
Vu récemment un reportage aux Infos France 2, qui expliquait que même nos exportations vers l'Allemagne baissent et nous ne sommes plus le 1er fournisseur de ce voisin (doublé par la Chine!!).
Et chaque fois que la relance booste la consommation chez nous, c'est en faveur de l'achat de produits étrangers (textile, informatique, électronique, machines), que nous ne sommes pas (plus) en mesure de fournir. Ce qui creuse toujours davantage le déficit commercial.

Moralité : "La vérité ne se définit pas comme étant l'opinion de la majorité. La vérité est ce qui découle de l'observation des faits".

2. Le vendredi, 11 août 2017, 23:20 par Le Bébert de la Fonderie

"1,24 robot pour 100 emplois en Fr, 2,53 robots pour 100 emplois en D"
C'est caractéristique du sous-investissement en Fr et de la frilosité de nos industriels en la matière. Il faut dire qu'ils ne sont pas du tout aidés par nos banquiers qui ne prennent absolument aucun risque quand on fait appel à eux contrairement à leurs homologues aux US.
Nos grands patrons font aussi, et très souvent, des calculs d'enfer de retour sur investissement pilotés par leurs super services financiers. Le résultat fait que, dans le moindre doute, rien n'est décidé et tout reste en l'état. C'est ainsi que stagne notre industrie manufacturière quand elle ne prend pas la décision de délocaliser tout ou partie de sa production.
Etc...

3. Le lundi, 14 août 2017, 19:31 par Les Echos

Dix ans après la crise, l’industrie française reste convalescente

La production manufacturière a reculé de 10 % depuis 2007. En dix ans, l’industrie a perdu 530.000 emplois.

4. Le lundi, 14 août 2017, 21:06 par Le Bébert de la Fonderie

Bravo la France mais qui est capable de redresser une situation qu'il paraît impossible de changer dans un contexte de mondialisation et de guerre commerciale pratiquée par bon nombre de pays (je n'en citerai aucun mais il y en a beaucoup de part le monde européen, asiatique et indien sans oublier les US...)
Si quelqu'un a une ou plusieurs solutions, un grand merci pour votre collaboration et votre aide !

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