la fonderie et piwi

Le blog de l'amicale AAESFF

Pour ne rien dire, ou presque, Pour ne pas s’envoler dans le commentaire, Pour rester à la confluence du savoir et de l’ignorance : au pied du mur. Montrer : comment c’est , comment ça se passe, comment ça marche. Diviser les discours par des faits, Les idées par des gestes, par des photos Juste les commenter quotidiennement

Logo Elkem 1-6-16 Logo AMF 1-6-16 Logo EuropIron 12-7-16 Logo Brefond 19-7-16 Logo sogemi 24-10-16 Logo FirstAlloys 23-12-16



Visiteurs : 996351
Aujourd'hui : 868
En ligne : 7

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

“Ségrégation carbone : retour sur les actions mises en œuvre”

Retour, avec Nicolas Gillet, responsable du projet ségrégation carbone pour AREVA NP, sur le plan d’action mis en place pour remédier aux concentrations en carbone constatées sur certaines pièces de l’usine du Creusot.

Avant toute chose, qu’est-ce que la ségrégation carbone ?

Nicolas Gillet : La ségrégation du carbone dans les aciers est un phénomène naturel bien connu des métallurgistes et des forgerons. Il s’agit de la formation d’une hétérogénéité de composition chimique qui se crée dans les lingots lors de la phase de refroidissement. Élément essentiel des aciers, le carbone est recherché pour en augmenter la dureté mais il va diminuer les caractéristiques mécaniques d’intérêt pour la rupture brutale que sont la ténacité ou la résilience. En cas de concentration importante, le carbone peut augmenter le risque de fissuration lors des opérations de soudage. Ce phénomène de ségrégation du carbone étant bien connu, des mesures palliatives sont mises en œuvre pour le limiter de manière notable.

La problématique récente est liée à l’augmentation des exigences réglementaires et à leurs applications en partie rétroactive à des pièces déjà fabriquées. La ségrégation carbone ne constitue pas une « pratique non conforme » et n’est pas liée à la revue des dossiers de fabrication en cours au Creusot.

Pourriez-vous nous faire un rappel des faits ?

NG : Fin 2014, une concentration en carbone supérieure aux critères de l’arrêté ESPN de 2005 est détectée sur certaines zones de l’acier du couvercle et du fond de la cuve du réacteur EPR de Flamanville 3. En collaboration avec l’ASN et EDF, un programme d’essais complémentaires est mis en œuvre par les équipes d’AREVA NP afin de démontrer l’aptitude des pièces concernées. Validé par l’ASN en décembre 2015, le programme d’essais est lancé fin 2015 et s’est terminé le 7 décembre 2016, date à laquelle AREVA NP a remis son dossier à l’ASN pour instruction. En parallèle, EDF et AREVA NP ont décidé de lancer une analyse exhaustive des pièces de forge constituant les composants primaires du parc sensibles à une concentration carbone élevée. Cette étude identifiait les fonds primaires de générateurs de vapeur (GV) issus de lingots conventionnels de Creusot Forge et surtout du forgeron japonais, JCFC. 46 fonds ont été recensés en France, installés sur 18 réacteurs.

Quel est le plan d’actions mis en place par EDF et AREVA NP pour remédier à cette situation ?

NG : EDF, en liaison avec l’ASN, a lancé un programme de mesures du carbone sur les fonds de GV concernés. C’est AREVA NP, à la demande d’EDF, qui a mené ces mesures de carbone sur site, généralement par spectrométrie mobile mais parfois aussi par analyse chimique de copeaux prélevés mécaniquement. AREVA NP a également réalisé des contrôles non destructifs surfaciques (ressuage) et volumiques (ultrasons) sur ces mêmes fonds. Ces contrôles et mesures ont principalement été effectués lors des arrêts de tranche programmés. À partir de ces données et d’essais complémentaires réalisés dans la même période, des dossiers de justification de la tenue à la rupture brutale de chacun de ces fonds ont été produits, associant les compétences des ingénieurs thermo-hydrauliques, des mécaniciens et des métallurgistes d’AREVA NP et d’EDF.

Le 13 mars dernier, l’ASN a communiqué sur l’autorisation de redémarrage des 12 réacteurs équipés de fonds de générateurs de vapeur en provenance de JCFC. Aujourd’hui, les dix-huit réacteurs du parc français concernés sont en service. En complément des dossiers spécifiques à chaque tranche, EDF et AREVA NP se sont engagés à réaliser un programme d’expertise à très long terme, qui consiste à sacrifier des pièces pour améliorer la connaissance, apporter des éléments de caractérisation complémentaires et conforter les marges dans les études produites.

Source :

http://www.sfen.org/fr/rgn/segregation-carbone-retour-sur-les-actions-mises-en-oeuvre

Commentaires

1. Le vendredi, 19 mai 2017, 21:53 par Thibo53

Spectrométrie mobile pour le carbone ? Surprenant voir flippant, non ?

2. Le lundi, 22 mai 2017, 10:27 par Jo de Plouf

PIWI fait la part belle au lobby du nucléaire ??

Alors que l'ASN a relevé en octobre 2016:
"GV n°335 de Fessenheim 2
•Le chutage de la masselotte prévu en cours de forgeage n’a pas été réalisé sur la virole basse en 2008/ •Écart aux règles de l’art/ •Conséquences pour la sûreté nucléaire potentiellement majeures
•Cette virole aurait dû être rebutée"

Source: https://reporterre.net/IMG/pdf/asn-...

3. Le lundi, 22 mai 2017, 15:47 par HGR

"responsable du projet ségrégation carbone"
Y'a un projet ségrégation carbone?? intéressant çà.

Voila un autre article de la SFEN qui reprend quasiment les mêmes explications, mais datant de novembre 2016.
http://www.sfen.org/fr/rgn/surete-n...

En attendant, le document mis en lien par Jo de Plouf montre bien que c'est pas super clair non plus du coté d'Areva/Le creusot.

Et surtout, la communication désastreuse menée par les intéressés sur le sujet leur porte préjudice...

Ajouter un commentaire

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Fil des commentaires de ce billet