Fournies par un éco-organisme régional, les piles sont ajoutées telles quelles dans le cubilot, la tour verticale dans laquelle la matière est fondue. L'économie est évidente : le coût de la tonne de manganèse passe de près de 1.000 euros à environ 5 euros. « On l'a chiffré entre 3 et 8 euros la tonne, selon le type de fonte », confirme Jean-Pierre Garnier, PDG de l'entreprise, qui achetait auparavant entre 150 et 200 tonnes de manganèse pur par an. « Les piles, c'est du manganèse mais aussi du zinc, qui valorise les poussières, et du cuivre, du nickel, qui améliorent la structure métallique de la fonte », explique Valentin Barad, ingénieur métallurgiste embauché en 2014 pour travailler sur le projet.

Ubérisation

Dans le bilan qu'il vient de réaliser, il n'a constaté aucun rejet de soufre ni de phosphore, mais un taux de valorisation de matière sèche de 80 %, supérieur aux 50 % des directives européennes. « Le plus important est que le procédé ne demande aucun investissement, ne génère pas de coûts supplémentaires, ni en énergie ni en moyens humains. J'oserais dire que les procédés de traitement dédiés ne valent plus rien », poursuit le dirigeant, avant d'ajouter : « Le nôtre s'apparente à de l'ubérisation. Le seul inconvénient, c'est que l'on ne peut valoriser de gros tonnages, d'où l'intérêt de le ­dupliquer. »

Les recherches ont été menées avec Eco'Ring, société d'ingénierie de Feurs (Loire), avec le soutien de l'Ademe. Les deux partenaires sont copropriétaires de Bat'Ring, brevet déposé en 2013, qu'elles cherchent à vendre sous licence à d'autres fondeurs utilisant des cubilots à vent chaud, en France et en Allemagne.

En attendant, Fiday Gestion poursuit ses recherches en innovation. L'entreprise a réalisé un chiffre d'affaires de 35 millions d'euros en 2016, en hausse de près de 10 %, et prévoit une croissance de 18 à 20 % pour 2017.

Monique Clemens