La Montagne -

Constellium Ussel veut embaucher pour répondre à une forte demande, Jean-Baptiste Foisel, directeur général de Constellium Ussel, veut répondre à la demande du marché de l’aéronautique en embauchant du personnel qualifié et formé. Les carnets de commandes sont pleins, assure le directeur général de Constellium Ussel. Mais la main-d’œuvre qualifiée manque à l’appel.

Depuis qu'il a pris ses fonctions, fin 2016, de directeur général du site ussellois de Constellium, spécialisé dans la fonderie et la métallurgie pour l'aéronautique et le transport, Jean-Baptiste Foisel, 48 ans, ouvre son usine vers l'extérieur. Sort de « l'autarcie ». Après des débuts à Alstom à Belfort puis une PME lancée avec des Hollandais et passée de quatre à soixante salariés en cinq ans et une étape en fonderie dans le Sud-Ouest, cet ingénieur mécanicien de formation est chargé de relancer un site qui ne manque pas de clients. Mais, plutôt de main-d'œuvre. Qualifiée, avant tout. Car l'entreprise a passé trop de temps à empiler les contrats d'intérim, regrette Jean-Baptiste Foisel. Pourquoi avez-vous rejoint l'entreprise Constellium à Ussel en septembre 2016 ? On est venu me chercher. J'ai un parcours dans la fonderie et dans la direction de site donc j'ai l'expérience que Constellium cherchait. Quand j'ai visité l'usine, j'ai trouvé qu'il y avait un vrai savoir-faire, c'est passionnant. Je connaissais l'aluminium mais pas la technique de fonderie sable (la spécificité de Constellium à Ussel).

Vous avez rejoint le site ussellois de Constellium à l'automne 2016. Dans quel état était-il ? L'entreprise a dégagé des résultats positifs avant l'année dernière. Mais, en 2016, ils ont été plus mitigés parce que nous sommes dans une phase d'adaptation de l'outil humain et de l'équipement. Et quand on essaie de s'adapter, on fait des dépenses et moins de chiffre d'affaires donc cela nous pousse vers le bas. Malgré les difficultés que l'entreprise a connues en 2016, nous avons le soutien du groupe pour redresser la situation.

Quels objectifs ont été fixés cette année ? Le retour à l'équilibre financier et assurer la montée en cadence sur les programmes à forte demande.

Dans quel contexte ? Nous sommes dans un contexte où le marché de l'aéronautique est en pleine croissance, ça marche. Dans les années qui viennent, on doit suivre nos clients, donc aujourd'hui, nous sommes dans une problématique d'accompagnement de la croissance du business. Plutôt que d'aller chercher plus de business à l'extérieur, il faut s'atteler à gérer la charge que l'on a aujourd'hui. Travailler sur des business en croissance, c'est passionnant. La dynamique est positive.

Quel va être l'impact, concrètement, de cette croissance sur votre site ? Il y a beaucoup de travail et cette charge que nous confient nos clients va nécessiter une adaptation à la fois de nos capacités humaines pour disposer de deux équipes équivalentes et en terme de machines. On essaie de gérer un pic de charge que l'on voit poindre pour 2017, 2018 et 2019.

Cela implique-t-il des embauches à terme ? Les clients, les volumes, je les ai. Ce qu'il manque, ce sont les hommes qui peuvent nous accompagner. Nous sommes dans un métier qui a besoin de main-d'œuvre qualifiée. Et aujourd'hui, malheureusement, l'Éducation nationale ne forme pas cette main-d'œuvre qualifiée. On a un métier de niche mais il nous manque le personnel. D'où l'expérimentation avec Pôle emploi et les agences d'intérim du dispositif POEC (Préparation opérationnelle à l'emploi collective) depuis le 3 janvier 2017. Ce dispositif POEC y contribue tout à fait. Il s'agit de sélectionner une douzaine de candidats pour des postes ouverts. Dix sont retenus et entrent dans un processus de formation qui dure trois mois, tout en étant rémunérés par Pôle emploi. Puis la convention veut que nous les prenions pendant six mois en intérim.

Cette formule vous permet de former des futurs salariés à des métiers spécifiques… Oui, tout cela est orienté vers les métiers de la fonderie et de la métallurgie, différents métiers qui ne s'apprennent que par la pratique parce qu'ils sont très particuliers.

Cela vous paraît efficace et indispensable ? Nous sommes tout à fait clients de ce type d'approche parce qu'on a besoin de trouver des générations attirées par ces métiers. C'est différent du personnel que l'on nous propose en intérim habituellement parce que ces gens-là ont une appétence et une motivation pour nos professions. Je préfère une sélection plus drastique. Je peux comprendre que les métiers de la métallurgie soient fatigants, bruyants… Donc ce que je souhaite, ce sont des gens attirés qui s'épanouissent et que tout le monde tire du bien de son travail.

Et une fois que ces personnes formées chez vous auront terminé leur période d'intérim, la logique voudrait qu'elles soient embauchées. Ce sera systématiquement le cas ? Aujourd'hui, nous avons 91 personnes en intérim. L'objectif, ce n'est pas de les garder dans ces conditions à vie mais de les former en vue d'offrir un CDI. Les dix personnes du POEC vont devenir intérimaires le 1 er avril. Ensuite, il n'y a pas de raison, si elles font l'affaire, de ne pas leur proposer un CDI.

Et les autres intérimaires ? Nous faisons une demande d'agrément pour mettre en place une école de formation interne afin de former les quatre-vingt-dix intérimaires sur le terrain. Ils pourront absorber les compétences nécessaires. L'idée est de transformer quarante à quarante-cinq contrats d'intérim en CDI courant 2017.

L'entreprise en chiffres 245 : Le nombre de personnes en CDI à Constellium Ussel. 91 : Le nombre de contrats en intérim. L'objectif, en 2017, est d'en transformer 40 à 45 en CDI. 36.000 : En mètres carrés, la surface du site ussellois, l'un des 22 du groupe. 85 % de l'activité du site est consacrée à la fabrication de pièces pour des moteurs d'avions ou d'hélicoptères. Le reste, pour la défense et les transports. 5,2 : En milliards d'euros, le chiffre d'affaires du groupe qui compte 11.000 employés.