ENTREPRISES Dans l'usine Lemer de Carquefou, avec Bruno Lesourd responsable commercial (à gauche) avec Rudy Auguste. Dans l'usine Lemer de Carquefou, avec Bruno Lesourd responsable commercial (à gauche) avec Rudy Auguste. | Ouest-France

Lemer, entreprise familiale de Carquefou (Loire Atlantique), est désormais aux mains de fonds d'investissement. Pas de quoi perturber ce spécialiste du plomb.

La vieille dame a perdu ses enfants. L'entreprise familiale Lemer, 138 ans au compteur, a été vendue récemment par les héritiers à des fonds d'investissement et à une poignée de cadres. Aujourd'hui, ACE Management, Litto Invest et Ouest-Croissance tiennent les rênes de cette entreprise, installée à Carquefou ; l'une des dernières fonderies de plomb de France. Pas de quoi inquiéter les dirigeants.

« Ça ne change rien », assure Bruno Lesourd, responsable commercial et chargé d'affaires pêche et plongée, naturellement présent au Salon de la pêche en mer, qui se tient tout le week-end à la Beaujoire. Il connaît la boîte comme sa poche. Il a commencé il y a trente ans par l'informatique, avant de naviguer dans différents postes.

4 000 références

L'usine, qui emploie cinquante salariés, n'est pas toute jeune. D'antiques machines cohabitent avec des plus modernes, automatisées. Dans des bacs, s'entassent des plombs de pêche, de toutes les tailles, de toutes les formes.C'est en effet la grande spécialité de Lemer, qui réalise encore 40 % de son chiffre d'affaires dans ce secteur, avec 4 000 références pour les amateurs d'eau douce ou de mer, vendues dans le monde entier et beaucoup chez Decathlon.Sur des palettes, s'empilent des lingots de plomb, achetés en suivant de près le cours de ce métal, comme si c'était de l'or.

Ce plomb, recyclé en France, on le moule, on le fraise six jours sur sept... Mais pas seulement pour la pêche et le nautisme, pour l'aéronautique aussi. Lemer fabrique des moulages destinés aux ailerons d'Airbus.L'entreprise mise pour l'avenir sur un autre secteur : le nucléaire (aujourd'hui 15 % du chiffre d'affaires). « On fournit déjà des coquilles de plomb pour protéger des tuyauteries dans des centrales », explique Bruno Lesourd.