Celles d'hier, comme Abadie, créée en 1866 mais fermée depuis plus de quarante ans, où l'on fabriquait du papier à cigarettes. Abadie était l'une des trois grandes marques françaises du secteur, Joseph-Bertrand Abadie étant l'inventeur du papier à cigarette sans colle. En 1866, Le Theil présentait tous les attraits pour l'entrepreneur : un cours d'eau, une population en attente de travail, la proximité avec Paris. L'entreprise familiale a fait prospérer le pays : l'électricité arrivera ici en priorité.

Aux beaux jours de l'entreprise, une centaine d'ouvriers fabriquaient quotidiennement cent millions de ces petits papiers. A l'extérieur de l'usine, plus nombreuses encore étaient les femmes qui pliaient les petits cahiers qui contenaient les papiers... Des cités ouvrières furent construites avec cuisines, salles d'eau, toilettes même aux étages, un vrai progrès social pour l'époque. Mais faute d'investissements, l'entreprise périclita et finit par fermer en 1975.

Les ouvriers n'ont pour autant pas disparu du Theil. La fonderie Renaudin, que l'on appelle ici la forge de Mâle (en raison du nom du village où elle est implantée près de Theil sur Huisne) est petite mais encore bien vivante et donne du travail à une quinzaine d'ouvriers. Ce n'est pas l'Huisne qui coule ici mais une rivière rougeoyante de fonte en fusion. La fonte liquide va se transformer en bancs, fontaines, lampadaires ou plus simplement en pièces mécaniques.

Les ouviers d'ici font de la résistance, ils cultivent un savoir-faire bien réel. Et la clientèle ne s'y trompe pas : certains reviennent à Mâle, après avoir essayé les fonderies de Chine.

Vive le travail ! Les ouvriers du Theil sur Huisne (Orne) - Intervenants : Bruno Jousselin - Patrick Maufay, association Les mémoires theilloises Lionel Avice, responsable fonderie de Mâle Richard Jarry, ouvrier mouleur Patrice Renaudin, ouvrier - responsable de la fusion