D’abord, la voie technologique est « en déclin » : « La question de son avenir est désormais posée du fait de la baisse de ses effectifs et de son en-serrement entre les voies générale et professionnelle », relève le rapport. Une baisse qui tient surtout à « l’effondrement »de la filière sciences et technologies du management et de la gestion (STMG), alors que la voie générale a progressé et que la voie professionnelle a triplé son effectif depuis 1995.

Par ailleurs, les rénovations successives n’ont amélioré ni la « lisibilité » ni l’« attractivité » de la voie technologique, soulignent les inspecteurs, qui reprennent volontiers l’expression d’un ex-ministre de l’Education qui avait parlé de « forêt tropicale » pour désigner la complexité du nombre de séries du bac technologique : sciences et technologies de l’industrie et du développement durable (STI2D), sciences et technologies de laboratoire (STL), sciences et technologies du management et de la gestion (STMG), sciences et technologies de la santé et du social(ST2S),techniques de la musique et de la danse (TMD), sciences et technologies du design et des arts appliqués (STD2A) ou encore STHR (hôtellerie). La série STMG, qui représente plus de la moitié des effectifs de la filière technologique, souffre, par ailleurs, « d’un très lourd déficit d’image », selon les auteurs.

Deux propositions Et pourtant, soulignent-ils, cette filière technologique joue « un rôle économique et social important, en répondant aux besoins en emploi de l’industrie et des services ». La question de leur insertion est donc essentielle. Or, la part des bacheliers technologiques qui s’orientent vers un BTS reste importante, mais elle diminue régulièrement. Elle augmente faiblement en IUT. Et elle croît plus rapidement en licence. Résultat : trop d’étudiants sortent sans diplôme en raison d’un « taux d’échec relativement important des étudiants en première année d’IUT et très élevé en licence », déplore le rapport.

Il préconise des « améliorations rapidement réalisables ». Le document recense ainsi 25 propositions autour de deux scénarios. Soit le maintien de la voie technologique, qu’il conviendrait alors de « déspécialiser ». Soit la recomposition globale des séries du lycée général et technologique dans un parcours modulaire, avec un tronc commun d’enseignement et des modules de spécialisation pour que les élèves personnalisent leur formation. Ce second scénario conduirait à « ouvrir la voie générale au fait technologique » et serait, selon le rapport, « pertinent » à l’heure où la société se « technologise »de plus en plus sous l’influence de la généralisation du numérique. Cette option est également la plus répandue en Europe. Mais elle suppose de s’attaquer à la réforme du baccalauréat et du lycée. Un sujet tabou, même s’il promet de faire l’objet de débats à l’occasion de l’élection présidentielle.