Demain, la plupart des pièces métalliques seront fabriquées (ou imprimées) sans usinage à partir de microbilles de poudre -

La lettre Eco Normandie de Paris Normandie - manoir_p.jpg La fonderie de Pîtres près de laquelle MetalValue doit bâtir son usine... Un projet multi-millionnnaire

À l’arrivée, le total de l’investissement public/privé se montera à 75 millions d’euros dont 50 pour l’usine proprement dite et 25 pour Manoir Industries qui s’est engagé à monter en capacité pour pouvoir fournir les volumes d’acier nécessaires à la production de poudre.

À la clef, la création d’une centaine d’emplois dans les deux établissements dont une partie sera réservée aux salariés de l’ancienne usine Vallourec de Déville-lès-Rouen.

Le projet pourrait aussi connaître d’autres développements dans le futur. Alain Honnart est en effet en quête d’un site pour implanter une usine démonstratrice destinée à la fabrication de pièces métalliques en petites séries à partir de la poudre. Le maire de Pîtres est tout disposé à lui ménager de la place. Il a déjà commencé à modifier son plan local d’urbanisme. Sait-on jamais.

Nota : la Région a investi 1,50 M€ au capital de MetalValue via le fonds Normandie Participations.

La métallurgie du XXIe siècle Exit les lingots. Demain, la plupart des pièces métalliques seront fabriquées (ou imprimées) sans usinage à partir de microbilles de poudre. Le tout avec une économie d’énergie de 30 % et un temps de cycle diminué au moins de moitié. C’est la promesse que fait MetalValue, start-up industrielle créée en 2006 par un groupe d’entrepreneurs aguerris. Contrairement à la métallurgie classique à base de lingots fondus qui nécessite une multitude de traitements, la technologie à froid à base de poudre atomisée au gaz dont ils se prévalent permettra de réaliser des pièces sans forgeage, ni laminage et sans enlèvement de métal. « Les trous seront gratuits » résume Alain Honnart* en souriant. À la clef une diminution par trois des quantités de matière première. « 1,2 kg de poudre suffira à produire une pièce de 1 kg contre 3,4 kg avec les technologies classiques ». Les dirigeants de MetalValue se font fort d’en produire en Normandie 40 000 tonnes - soit autant que la production mondiale actuelle - à un prix qu’ils promettent compétitif : « quelques dizaines d’euros du kilo quand il s’échange aujourd’hui entre 80 et 400 euros ». De quoi doper une fabrication additive encore marginale.

  • l’ancien directeur industriel de Vallourec passera la main dans quelque temps à Nicolas Pailloncy, centralien, ancien de PSA et Ratier-Figeac.