Discrète, Fiday Gestion est une fonderie installée aux confins de la Haute-Saône (à Chassey-lès-Scey) qui produit des tambours et disques de freins principalement pour les fabricants de poids lourds. Elle emploie 230 salariés et réalise un chiffre d’affaires de 35 M€, en exportant 85 % de sa production.

Pourtant, depuis de nombreuses années, elle mène des recherches en interne pour substituer des matières premières moins coûteuses. « On a entre 10 et 20 M€ par an qui passent par le gueulard (NDLR : l’entrée du four vertical qui produit la fonte) », image Jean-Pierre Garnier, PDG de la fonderie.

Via un ingénieur embauché pour mener ces recherches, elle est tombée sur une idée géniale à laquelle personne n’avait encore pensé. Elle a donc déposé un brevet mondial, en 2013, en copropriété avec la société Eco Ring. Le procédé, baptisé « Bat’Ring », permet d’intégrer des piles salines et alcalines dans le processus de production, capables de substituer totalement une des matières premières, à savoir le manganèse.

Servir de vitrine « Il est entièrement opérationnel depuis cet été. Il nous permet de produire la fonte », assure Jean-Pierre Garnier, PDG. Il aura fallu néanmoins deux ans et demi de recherches et de tests avant de parvenir à ce résultat. Qui ne présente que des avantages à en croire ses inventeurs-créateurs. Il fait du bien aux finances de l’entreprise à qui il permet de réaliser de substantielles économies. Il est aussi bénéfique pour l’environnement car les piles sont ainsi recyclées à 85 %. Seules subsistent à la fin du parcours des poussières de zinc, recyclables elles aussi.

Par rapport à d’autres, le procédé a une empreinte carbone moindre car il fonctionne en circuits courts. La fonderie trouve son approvisionnement dans le Jura auprès d’un éco-organisme Corepile. « Chez Fiday, on va utiliser 1 000 tonnes par an », chiffre le PDG. Enfin, il ne nécessite ni investissement, ni main-d’œuvre.

L’entreprise a été récompensée du prix « éco-technologie innovante » lors des trophées régionaux « Eco-innovez », organisés par la Région et l’Ademe. Elle y a gagné un film promotionnel de 3 minutes. « Nous allons servir de vitrine et c’est la société Eco Ring qui va se charger de la commercialisation du procédé », ajoute le PDG.

Voilà la preuve que développement économique et environnement peuvent faire bon ménage…

Cécilia CHERRIER