la fonderie et piwi

Le blog de l'amicale AAESFF

Pour ne rien dire, ou presque, Pour ne pas s’envoler dans le commentaire, Pour rester à la confluence du savoir et de l’ignorance : au pied du mur. Montrer : comment c’est , comment ça se passe, comment ça marche. Diviser les discours par des faits, Les idées par des gestes, par des photos Juste les commenter quotidiennement

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Mesdames et Messieurs les candidats, et si on parlait de l’industrie ?

le patron de Saint Gobain et des plus importantes fonderies s'exprime : pam_patron.JPG Bientôt la fin du mandat de François Hollande et une nouvelle campagne présidentielle. C'est donc l'heure des bilans et des débats. Après les zigs-zags hésitants des débuts, je donne acte au président de la République et au gouvernement de Manuel Valls d'avoir fixé un cap plus clair en termes de politique économique, tenu un discours courageux sur la compétitivité et proposé des outils - le CICE et le pacte de responsabilité - qui ont profité à de nombreuses entreprises françaises.Mais au cœur du dispositif CICE, et ce qui fait que cet outil n'a pas atteint pleinement ses objectifs, il y a un choix de base erroné de nos gouvernants : celui d'avoir placé le curseur pour le déclenchement de la baisse des charges à un niveau trop bas. En limitant la baisse des charges à 2, 5 SMIC, le CICE a clairement visé le soutien ou la création d'emplois peu qualifiés. C'est comme cela qu'on a favorisé des entreprises comme La Poste ou Carrefour qui sont devenus les premiers bénéficiaires du CICE. pam_rennes_2_.jpg Or, ce qui compte aujourd'hui pour notre compétitivité, ce ne sont pas ces emplois dans le secteur « abrité », qui desservent une demande intérieure, mais les emplois « exposés », c'est-à-dire ceux qui sont localisés principalement dans les entreprises exposées à la concurrence internationale. images_022.jpg Et ceci, pour au moins trois raisons. D'abord, parce que ces emplois qualifiés (donc au-delà de 2,5 SMIC) sont ceux qui ont le plus diminué sur la période récente : 200 000 postes perdus entre 1999 et 2013. Secundo, parce que la productivité du secteur exposé est plus élevée que dans le secteur abrité, ce qui est vital pour le dynamisme de notre économie. Enfin, ce sont ces postes dans les grandes entreprises concurrentielles qui tirent littéralement la création de l'emploi « abrité ». Ainsi, les études des économistes montrent que pour 100 emplois créés dans une zone exposée, 64 sont créés dans le secteur abrité ! Ce qui prouve, une fois de plus, la grande imbrication qui existe aujourd'hui du fait de la mondialisation, entre tous les secteurs de notre économie. images_025.jpg Le CICE avait donc des objectifs ambivalents et son curseur était manifestement mal placé pour qu'il remplisse tous ses objectifs.

Comme va le demander le Cercle de l'Industrie aux candidats à la présidentielle, il faut maintenant regarder les choses en face et se doter d'une politique économique mieux ciblée pour faire la différence en matière de compétitivité. Pour le Cercle, il s'agit d'opérer de vraies ruptures en agissant sur des leviers forts : baisser les prélèvements obligatoires pesant sur les entreprises et qui plombent notre économie en les réduisant de l'ordre de 50 Mds € ; redynamiser notre marché du travail ; revoir complètement notre apprentissage, un système à bout de souffle qui ne marche pas. Voilà pour la fluidité de notre économie. Enfin, nous devons savoir saisir toutes les chances que nous donne la révolution industrielle, qui s'appellent numérique, bio-technologies, intelligence artificielle etc. Autant de secteurs où la France peut exceller grâce au savoir-faire de ses chercheurs, de ses ingénieurs et de ses techniciens. pam2.jpg Nous sommes face à un état d'urgence. L'industrie qui innove, exporte et crée des emplois, reste un formidable levier de croissance. C'est notre chance de rebond. Ne ratons pas le prochain tournant de notre politique économique.Pierre-André de Chalendar.

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