Cette réforme aboutirait à la création d’une gouvernance « hors sol », centralisée et isolée, coupée de tout lien avec les ingénieurs diplômés et les implantations territoriales. Les Arts et Métiers regroupent 33 000 ingénieurs diplômés, dont 6 000 dirigeants d’entreprises, 6 200 étudiants accueillis sur 8 campus et présents dans le monde entier, 1 100 diplômés chaque année, 400 enseignants, des chercheurs, des actifs en formation continue.

De plus, 2 000 anciens élèves, totalement bénévoles, œuvrent au quotidien pour l’ENSAM. La Société des ingénieurs Arts & Métiers finance, chaque année, des projets de recherche, des séjours à l’étranger, des logements étudiants, des bourses et des prêts aux élèves, favorisant ainsi l’ascension sociale. Les Arts et Métiers tirent leur force de leur histoire, de leur vision de l’avenir industriel, de la qualité de la formation académique de l’ENSAM et de leur constante capacité d’adaptation.

L’ENSAM tire sa force du lien avec les territoires dans lesquels elle est implantée. L’ENSAM tire sa force de la collaboration entre les étudiants et les anciens élèves. Alors, Monsieur le Président de la République, pourquoi affaiblir l’un des fleurons de l’enseignement supérieur français, alors que notre pays évolue dans la compétition mondiale et a tant besoin d’ingénieurs performants et responsables ? Pourquoi vouloir éloigner les anciens élèves de la gouvernance de l’École, alors même qu’ils allient expérience industrielle et connaissance des spécificités de la formation ? Pourquoi vouloir détruire le lien fort entre les anciens élèves et les étudiants, qui garantit la transmission des savoirs et des valeurs ? Pourquoi vouloir écarter les territoires, riches de leurs complémentarités, de cette gouvernance ? Monsieur le Président de la République, il est encore temps de montrer le soutien de l’État à celles et ceux qui ont contribué, contribuent et contribueront au futur de l’industrie française. Comme il est encore temps d’arrêter une réforme qui déstabilise inutilement et menace la qualité de l’une des meilleures formations d’ingénieurs, reconnue dans le monde entier.

Le décret n’étant pas encore publié, nous souhaiterions qu’un dialogue avec l’ensemble des acteurs concernés s’engage rapidement. Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.

Jacques Paccard,

président de la Société des ingénieurs Arts & Métiers, pour les 33 000 ingénieurs Arts et Métiers