Les Echos -

Le sous-traitant a revu ses processus à l’aune du numérique tout le long du processus de production. ventana.jpg Objectif : garder la production et investir en France. arudy.jpg A l’origine, la rencontre en 2003 de trois hommes, Gérard Russo et Guy Kilhoffer qui sont propriétaires d’un atelier de mécanique de précision dans le Béarn et Ernst Lemberger, puissant industriel autrichien, lequel a repris une usine de chaudronnerie en Ile-de-France. Après plusieurs acquisitions, le groupe pèse 50 millions d’euros avec cinq sites de production employant 440 personnes. Le groupe est détenu à majorité par Ernst Lemberger, les deux Béarnais en possédant 47 %.

L’apport de l’impression 3D

Et si le groupe prévoit d’investir 15millions d’euros sur les trois prochaines années, c’est bien l’usine d’Arudy, au sud de Pau, qui va en recevoir l’essentiel. Un projet industriel qui fait suite à un projet de recherche, Caraïbe, dans lequel l’entreprise a investi 2,3 millions d’euros. L’objectif était de remettre à plat le process industriel en s’intéressant d’abord au moule qui donne naissance aux pièces. A usage unique, ce dernier était produit à partir d’un autre moule en résine. Il est désormais fabriqué par impression 3D.A la clef, une liberté accrue quant aux formes des pièces, un gain en qualité et un raccourcissement des délais de trois mois sur la fabrication de la première pièce.

L’apport du numérique ne s’arrête pas là avec l’introduction de la simulation, de la robotisation des phases de nettoyage des pièces, jusqu’à leur radiographie par rayon X, désormais pilotée par ordinateur. L’informatique s’est même répandue dans les ateliers afin d’apporter l’information à l’opérateur. « L’innovation et l’investissement nous permettent d’être compétitifs sinon davantage », résume Gérard Russo qui insiste : «En dix ans les bénéfices ont toujours été réinvestis dans la R&D. C’est le credo des trois actionnaires. »

Le groupe a aussi pu s’appuyer sur les prêts de BPI france et de subventions de la Région Aquitaine à hauteur de plus de 2 millions d’euros sur Caraïbe puis sur les équipements industriels. Une partie des investissements ayant été financée par emprunts bancaires. L’industrie investit également dans les ressources humaines avec plus de 10 % du personnel en formation en alternance. Principalement des opérateurs qu’il faut former sur des machines de dernière génération mais aussi des ingénieurs.

Un environnement que Gérard Russo juge plutôt favorable : « Certes le système français n’est pas parfait mais nous avons des gens globalement bien formés. Nous bénéficions du crédit d’impôt recherche et d’une politique très active du Conseil régional d’Aquitaine. Il faut garder cet environnement pérenne. Et ce n’est pas en allant investir au Maroc ou en Pologne qu’on peut le faire. »