Celle de pouvoir produire les volutes des cuves primaires, en inox, de 40 tonnes, qui font partie de la branche primaire des centrales nucléaires. C’est important pour AREVA d’en avoir la fabrication et la maitrise technique. Deuxième avantage, que ce soit pour le nucléaire, mais aussi pour d’autres produits dits d’industrie lourde, les pièces issues de la fonderie nécessitent beaucoup d’usinage et c’est de l’activité pour l’ancien atelier de Creusot Mécanique. C’est un volume de 5 à 8000 heures, au minimum par an».

Quels sont les marchés ? «La fonderie ce n’est pas un métier facile. Il y a des achats effectués en Asie, pas toujours avec bonheur. Les coûts de transport, pour les clients, sont de plus en plus importants et donc prépondérants. Il y a un marché assez unique de pièces, comme par exemple les pièces de cyclotrons. Nous avons ainsi repris des marchés pour des pièces de presse, six volutes pour la Chine. Nous avons aussi enregistré une commande pour une cimenterie. Il y a un marché et un intérêt pour ces grosses pièces. Nous apportons ainsi de l’activité à l’aciérie et nous profitons de son excellence. Nous apportons aussi du service pour mieux concevoir les pièces, en impliquant les clients. Il s’agit de mieux concevoir les pièces, avec des garanties de qualité. La réputation des moulés du Creusot est très bonne. Les clients achètent de la qualité. On avait dans nos équipes des spécialistes fonderie. On recrée un noyau de compétences et dans quelques semaines, nous aurons une première coulée à la fonderie du Creusot».

Comment se présente l’année 2016 pour la Forge ? «Ce sera une année de transition avec plusieurs enjeux. Nous sommes devant une charge basse. Il n’y a pas, pour le moment, de grosses commandes dans les radars. Ainsi pour l’EPR en Grande Bretagne, n’est pas lancé définitivement».

Et la diversification ? «Nous travaillons pour un partenaire, pour des pièces de turbine. Les qualifications se sont bien déroulées, on va commencer à travailler en série en 2016. Pour ce qui concerne la pétrochimie, nous avons des actions de prospection. On travaille des qualifications pour des pièces résistant à la corrosion avec des aciers d’Industeel. Mais le prix du baril de pétrole, actuellement très bas, est un frein. Il va donc falloir s’adapter et absorber une baisse de charge».

Comment ? «Nous avons prévu une activité partielle pour réduire l’impact et on va remettre le paquet sur la formation».

Comment abordez vous la question de la qualité qui a été montrée du doigt ? «C’est un énorme enjeu que celui de l’amélioration de la qualité. Nous avons présenté à l’autorité de sureté du nucléaire un plan, pour travailler sur le futur, pour améliorer la partie exécution. 2017 marquera un retour dans une maîtrise du process. Et par rapport au plan de départs volontaires, il faut le réaliser en récupérant la compétence».

AREVA souhaite-t-il conserver Creusot Forge ? «AREVA ne souhaite pas se séparer de la Forge. Pour AREVA, les usines font partie du cœur de métier. Preuve de la volonté d’AREVA de son intérêt pour la Forge, 2,5 millions d’euros vont être investis en 2016, notamment pour la maintenance de l’outil industriel. Monsieur Fontana en visite en Saône-et-Loire a d’ailleurs dit aux élus qu’il n’y a aucun plan qui prévoit la sortie du Creusot du groupe AREVA. Nous avons besoin de nous adapter aux nouveaux marchés et en ce sens, nous structurons une équipe pour la diversification et le développement de nouveaux produits. On veut démontrer à nos clients qu’ils ont raison d’être chez nous» Recueilli par Alain BOLLERY