Aussi, expliquons le dans les grandes lignes. Ce procédé de moulage d’une pièce se fait à partir d'une sculpture originale en cire que l’on recouvre par couche successive d’une carapace de sable réfractaire. Une fois la cire fondue dans un four autoclave, on y coule un métal en fusion, puis, refroidi, on casse cette gangue pour obtenir la pièce métallique.

« Cette technique de fonderie est utilisée pour des pièces élaborées au design complexe, des pièces à cavité ou encore à parois minces », explique Jean Patenet. Les secteurs très demandeurs sont l’aéronautique et l’énergie, l’entreprise compte d’ailleurs comme client Turbine Casting, Howmet USA ou encore la Snecma.



Besoin crucial de place



Comme les commandes se bousculent, avec un plan de charge à six mois, le métallurgiste ne pouvait plus faire face sur son ancien site de Crissey, toujours dans l’agglomération chalonnaise, devenu trop exigu avec ses 2 fois 600 m2 mal distribués. D’où la construction à quelques centaines de mètres sur la commune de Fragnes d’une unité de 1500 m2.



L’investissement s’élève à 1,5 million d’€ auquel s’ajouteront 400 000 € de robotisation des équipements et, notamment, de systèmes de chargement et déchargement automatiques pour travailler en temps masqué la nuit et les week-ends.






Le chiffre d’affaires de Moules et Outillages de Bourgogne atteindra en fin d’année 3,26 millions d’€, dont les deux tiers à l’exportation, en s’appuyant sur un effectif de 26 personnes.



Si l’activité continue d’être soutenue, le fondeur envisage de recruter des spécialistes de la programmation, voire de bureau d’études et de méthodes.



« Mais attendons toutefois de bien prendre nos marques », estime son dirigeant qui regrette que l’industrie, même à Chalon-sur-Saône, n’attire plus les jeunes et que pour certaines compétences, recruter devient un véritable casse-tête.



Qui est Jean Patenet ?



Formé dans le génie mécanique, cet homme de 54 ans a toujours connu la fonderie à cire perdue. Il entre déjà chez Howmet au Creusot (Saône-et-Loire), s’occupe de contrôle, puis intègre un bureau d’études. En 1997, il entre chez AMO, autre spécialiste pour y développer le commercial. Lorsque son employeur est liquidé en 2003, il décide, pour conserver son boulot, de monter Moules et Outillages de Bourgogne en reprenant une partie de l’effectif (13 salariés). « Le plus dur a été d’apprendre le management », confesse Jean Patenet. Le sien se veut participatif. Une prime d’intéressement, adossée à des objectifs de respect des délais et de qualité de production, est versée quatre fois par an.



Crédits photos : ©Traces Ecrites.