ils obtiennent en 1862 l'autorisation de posséder une machine à vapeur pour leur fonderie, et en 1879, on trouve «Guiraud jeune» installé dans l'ancienne manufacture royale de La Trivalle. Moyennant un loyer annuel de 1 000 francs, il est locataire de la Compagnie de La Trivalle, qui a renoncé à toute production de tissus.

L'entreprise va alors se reconvertir dans la viticulture, qui se développe, puis se reconvertit quand elle est frappée par la crise du phylloxera. Le vignoble audois, dévasté à partir de 1884, s'oriente alors vers de nouveaux cépages, mais ceux-ci, moins diversifiés que les anciens, arrivaient à maturation à peu près en même temps, ce qui imposait

une vendange rapide et un bon équipement des caves en fouloirs, pressoirs continus et pompes puissantes.

La fonderie va recevoir une forte impulsion de Martin Guiraud, sorti en 1872 de l'école d'ingénieur des Arts et Métiers d'Aix, qui se consacre à cet équipement : en 1906, la Compagnie de La Trivalle se félicite de l'activité «d'une fonderie dirigée par un métallurgiste distingué». Ce dernier intervient deux ans plus tard à la chambre de commerce pour demander que toutes les entreprises fassent de la formation, ce qui tranche avec le désintérêt manifeste de ses collègues pour l'apprentissage industriel. C'est d'ailleurs en vain qu'il propose que les contremaîtres donnent deux heures par jour de travail manuel aux apprentis.

En 1917, une partie conséquente des bénéfices de la Compagnie vient de «Guiraud jeune» et de Léon Farge qui se partagent les locaux de La Trivalle, mais la première entreprise va bientôt déménager route de Narbonne, dans les locaux baptisés Meridia, ensuite transformés et occupés par la marque Chipie. Des plaques d'égout témoignent cependant encore à travers la ville de son existence. Claude Marquié.