Ce premier trimestre, l’activité de Montupet a bondi de 8 %. L’an dernier, la croissance avait été du même ordre, à 7,4 %, pour un chiffre d’affaires de 451,8 millions d’euros. Plutôt tonique dans un secteur qui sort d’une de ses pires récessions. D’autant que les résultats sont à l’avenant, avec une marge nette de 10 % en 2014 ! Des chiffres enviables pour ce fournisseur de rangs 1 et 2, qui fabrique aussi des pièces de liaison au sol et de freinage. Pourtant, la décennie passée n’a pas été de tout repos pour l’ex-filiale de Pechiney, reprise voilà trente ans par ses dirigeants (dont le PDG Stéphane Magnan, 64 ans et résident fiscal belge), qui contrôlent 37 % de ce groupe coté en Bourse.

Son chiffre d’affaires actuel est à peine supérieur à celui d’il y a dix ans.

Entre-temps, le fondeur aura fermé des usines au Québec, en Irlande du Nord, à Nogent-sur-Oise, son cœur historique. Il aura surtout cédé son activité jantes (20 % des ventes), pas assez rentable, à l’indien Deltronics. Montupet s’est aussi illustré dans la calamiteuse affaire des Fonderies du Poitou. Il avait repris cette ancienne filiale de Renault, puis de Fiat (Teksid), en 2009, dont la restructuration a fait les gros titres avant finalement une cession par appartement. Mais tout cela, c’est du passé, estime-t-on à Clichy.

La croissance est de retour. Le groupe, qui dépense en R & D près de 2,5 % de son chiffre d’affaires, veut être l’un des champions mondiaux dans sa spécialité.

À côté de ses usines de Laigneville (Oise) et Châteauroux (Indre), il réalise 70 % de son activité à l’international, avec des sites au Mexique, en Bulgarie, en Espagne, en Irlande du Nord et, depuis un an, en joint-venture en Inde pour servir Ford.

Des installations plutôt choyées : l’an passé, le budget d’investissement était de 48 millions d’euros notamment en automatisation et en robotisation.

La Bourse applaudit. À 750 millions d’euros de capitalisation, Montupet est valorisé 1,5 fois son chiffre d’affaires et, en deux ans, son titre a pris 345 % ! Une manière de saluer la performance du fondeur, mais aussi son caractère spéculatif. Nul ne sait ce qui va advenir du bloc de contrôle détenu par des dirigeants près de passer la main. Car Montupet pourrait attirer bien des convoitises.