L'initiative en revient à la direction de l'entreprise, suite, officiellement, à "un empêchement de dernière minute". Mais en réalité en raison de l'agitation qui règne en interne, sur fond de recours au chômage technique, et qui laissait craindre des débordements intempestifs.

Alors qu'on en serait à la finalisation du contrat entre le groupe Ventana, dont le siège est à Narcastet, près de Pau, et un important client américain, qui ne l'est pas à ce jour mais qui justifie à lui seul la réalisation de la nouvelle usine (entre 15 et 25 millions d'euros d'investissement), aidée par la Région et le Département à hauteur de 2 millions d'euros, la crainte qu'un "mauvais climat" puisse faire capoter le projet est la hantise des élus locaux.

Ils l'ont exprimé ce lundi, en mairie d'Arudy, où se sont retrouvés le président de la Communauté de communes de la vallée d'Ossau (CCVO), Jean-Paul Casaubon, le maire d'Arudy, Claude Aussant, et les conseillers départementaux d'Oloron 2 André Berdou et Anne Barbet. "Si l'on montre que l'on n'est pas tous d'accord entre nous, ça ne se passera pas bien"

Le projet de cette usine avant-gardiste, présenté en octobre 2014, se fait avec la mise à disposition par la commune d'Arudy d'une dizaine d'hectares en réserve foncière. Il est porteur d'un nombre indéterminé d'emplois, mais, selon M. Casaubon, susceptible d'augmenter dans le temps, de 20, 25 ou 30% le nombre d'emplois industriels (500 environ aujourd'hui) recensés sur le chef-lieu du Bas Ossau.

"Ce qui nous est demandé par les investisseurs, c'est de montrer que la vallée d'Ossau est attractive, en termes de crèches, d'activités, d'habitat etc. S'il faut aider les crèches, on le fera. Ce qu'on veut, c'est n'avoir aucun regret. Nous souhaitons aussi les rencontrer très rapidement". L'activité de la future fonderie numérique, dite aussi "fonderie du futur", n'entrera pas en concurrence avec celle de l'actuelle entreprise (260 salariés), soulignent les élus locaux.

A lire : le Béarnais Ventana se dote de la première fonderie numérique au monde J ean-Paul Casaubon exhorte, vis à vis des actionnaires, à "ne pas donner une image trop revendicative" : "l'image qu'on va donner de la vallée est très importante ; si l'on montre que l'on n'est pas tous d'accord entre nous, ça ne se passera pas bien". "Même si les revendications peuvent être légitimes, ajoute Claude Aussant, il ne faut pas que cela nuise à un projet dont nous sommes pleinement partenaires".

Les élus devaient recevoir les représentants des syndicats (CGT et CGC), ce lundi après-midi. Pour tenter de leur faire partager leur "message de solidarité par rapport au projet".