la fonderie et piwi

Le blog de l'amicale AAESFF

Pour ne rien dire, ou presque, Pour ne pas s’envoler dans le commentaire, Pour rester à la confluence du savoir et de l’ignorance : au pied du mur. Montrer : comment c’est , comment ça se passe, comment ça marche. Diviser les discours par des faits, Les idées par des gestes, par des photos Juste les commenter quotidiennement

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"Ah!!! tu verras, tu verras" chantait Nougaro

La Dépêche -

Sanglé dans un harnais accroché aux fourches d'un chariot élévateur, le buste de bronze jaune vient se poser pile poil sur les deux jambes solidement fixées à leur socle. A la fonderie Ilhat de Flourens, l'aventure de la statue de Nougaro est entrée dans son dernier épisode. nougaro708.jpg Celui ou l'artiste coupe le cordon avec sa sculpture, pour la confier aux savoirs faires des fondeurs. La fonte proprement dite a eu lieu les 24 juin et 1er juillet. Et depuis une semaine, c'est un Claude Nougaro en pièce détaché qui attendait de rassembler ses abattis dans le vieil atelier noirci par près de soixante-dix ans de limaille et de fumées de bronze en fusion

. Hier après-midi, Sébastien Langloÿs, Laurent Yovanovitch, Jean-Claude Bru et Michel Ilhat, ont reconstitué le puzzle en 3D du Nougaro déambulant nez au vent dans les rues toulousaines. Ce sera un petit taureau encore svelte, dans l'énergie de la quarantaine, qui prendra place, le 9 septembre, jour de son 85e anniversaire, entre le Donjon du Capitole et l'entrée des artistes de l'opéra de Toulouse. Mais pour le moment, les 160 kg de bronze se préparent à affronter l'épreuve du temps et des intempéries. Pour cette ultime étape avant la livraison c'est Laurent Yovanovitch, le compère de toujours de Sébastien Langloÿs qui est à la manœuvre. D'abord, souder à la baguette de bronze les différents éléments de la statue. Puis ébarber la dentelle de cuivre qui colle encore aux épaules de la statue. Poncer, mais trop, et enfin patiner. Pour le moment, le Claude Nougaro frais émoulu de ses moules de plâtre arbore une jolie couleur dorée. Celle du bronze qui n'a pas encore été attaqué par le vert-de-gris. Mais dans une semaine, la statue sera une nouvelle fois chauffée au chalumeau avant d'être recouverte de la couche de nitrate de cuivre qui lui donnera sa patine définitive. «Un bronze que l'on exposerait directement dehors commencerait par verdir, puis noircir et il finirait par brunir. La patine permet de réaliser ce processus en accéléré et de protéger la statue des coulures d'oxyde incontrôlées», raconte le «finisseur». Derrière lui, le sculpteur ne perd pas une miette du travail, valide chaque étape, mais n'intervient quasiment jamais. «Lors de cette dernière phase, l'artiste amène son modèle et repart avec son bronze sans y avoir vraiment touché. Certains sculpteurs se sentent un peu dépossédés de leur travail.» Mais le finisseur sait que rien n'est jamais gagné «tant que vous n'êtes pas parvenu à comprendre complètement ce que veut l'artiste.»

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