Il faut dire qu'elle a de la bouteille, Marguerite. Née sous François Ier en 1514, elle a certainement célébré la victoire de Marignan avant de sonner bien des joies ou des peines. Ces derniers temps, son timbre s'éraillait et une visite quasi médicale a montré une altération de son tablier en cuivre et en étain, à l'endroit de la frappe. Ses anses étaient également usées et un lifting s'imposait. Le coût de l'opération (11.700 €) a incité la commune à faire classer cette vénérable pièce de patrimoine pour obtenir 70 % de subventions de l'État et du Département. Marguerite est donc partie pour la fonderie Trémentines après la descente solennelle de ses 280 kg. « C'est un élément important de notre belle église, réputée pour ses fresques romanes », souligne le maire de Lourouer-Saint-Laurent, Pascal Chéramy, qui espère récupérer la voyageuse, courant mai. D'ici là, l'entreprise Baudet, spécialisée dans ce créneau atypique, l'aura mise à plusieurs reprises dans un four à plus de 600° pour mieux travailler son métal. « L'étape la plus importante est la descente de température », précise le technicien campaniste, Christophe Brunet, avant d'insister sur le travail de qualité effectué par la seule société française à ne pas délocaliser son savoir-faire. Ses interventions sont d'ailleurs garanties à vie. Margerite qui enterrera tous ceux qui se sont penchés à son chevet et bien d'autres, peut donc songer avec sérénité à la cérémonie qui marquera un retour dans l'Indre, attendu impatiemment par Madeleine. Car la jeunette doit hausser la voix pour les sonneries quotidiennes et la solitude lui donne… le bourdon. Jean-Michel Bonnin