Date d'expiration de la période d'observation : 05/06/2014 Entreprise : 332060292 B CHARTRES. LOISELET. Forme juridique : Société par actions simplifiée. Texte de l'annonce : JUGEMENT DE REDRESSEMENT JUDICIAIRE : Ouverture d'une procédure de Redressement judiciaire Par jugement en date du 05/12/2013, le Tribunal de Commerce de Chartres a ouvert la procédure de redressement judiciaire à l'égard de LOISELET, La date de cessation des paiements a été fixée provisoirement au 29/11/2013, a nommé Me Guy PIERRAT - 24, Rue Chanzy - CS 20299 - 28008 CHARTRES CEDEX en qualité d'administrateur, Ayant pour mission : d'assurer seul, entièrement, l'administration de l'entreprise, et SELARL "P.J.A." - 6/8, Rue du Docteur Maunoury - CS 20218 - 28008 CHARTRES CEDEX en qualité de mandataire judiciaire, et ouvre une période d'observation de 6 mois. Date d'effet : 05/12/2013 - DATE D'EFFET : 05/12/2013.

Le miracle Loiselet se fissure

Sylvain Loiselet a expliqué l’histoire de la relocalisation de la fonderie à Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif. - ECHO REPUBLICAIN Photo

Sylvain Loiselet a expliqué l’histoire de la relocalisation de la fonderie à Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif. - ECHO REPUBLICAIN Photo Une mauvaise nouvelle s’est abattue, vendredi dernier, sur le Drouais. La fonderie Loiselet a déposé son bilan auprès du tribunal de commerce de Chartres.

Le miracle économique de Dreux vacille sous la tempête des difficultés financières de sa belle locomotive, la fonderie Loiselet. Les juges du tribunal de commerce de Chartres ont mis, vendredi dernier, la société de l'industriel de Nogent-le-Roi (Eure-et-Loir) en redressement judiciaire. « Assommé », Sylvain Loiselet, son patron, se veut réaliste : « C'est un moment difficile, bien sûr, et ce n'est pas du tout ce que nous avions envisagé. Mais des financements ne sont pas arrivés et sont même toujours en attente, voilà pourquoi nous en sommes là aujourd'hui. »

L'annonce de l'ouverture de cette procédure judiciaire a fait l'effet d'une bombe dans le monde industriel d'Eure-et-Loir. Et pour cause, l'aventure de l'énergique Sylvain Loiselet, depuis 2010, a fait parler d'elle dans les ministères, dans les entreprises et sur les médias de l'hexagone. La société avait été délocalisée de Nogent-le-Roi en 2001 vers la Pologne, avant de s'installer en Chine et en Inde, à partir de 2003. Mais Sylvain Loiselet avait suivi le mouvement inverse, celui de la relocalisation, pour investir dans la plus grande fonderie d'Europe et l'installer à Dreux. Carnets de commandes pleins

Aujourd'hui, la société compte 94 salariés et avait l'espoir de réaliser plus de 30 millions d'euros de chiffre d'affaires. C'était sans compter avec les problèmes des retards dans le règlement de certains clients.

« Nous allons essayer de nous appuyer sur un partenaire industriel, pour faire face à ces difficultés. Nous sommes en cours de négociation déjà, je ne peux pas en dire plus à ce sujet. Pour l'instant, ma préoccupation principale est d'aboutir dans les discussions avec ce partenaire industriel ».

Sylvain Loiselet ne veut pas s'avouer vaincu après tant d'années de combat et ne veut pas accepter la défaite et la liquidation : « Pourquoi penser à cette éventualité, alors que nos carnets de commandes sont pleins. Quand les finances ne sont pas sur le compte, cela complique juste le quotidien, mais ne remet en cause ni le projet lui-même, ni les emplois. Maintenant, j'avoue que cette procédure de redressement judiciaire, même s'il est bien question de redressement, vous donne un coup sur la tête ». Réunion avec les représentants du personnel

Vendredi, le tribunal a choisi le mandataire judiciaire chartrain Guy Pierrat pour suivre la gestion de l'entreprise, ses créanciers et ses dettes. De son côté, le patron de la fonderie a pris le temps pour expliquer la situation à un personnel surpris. « J'ai rencontré les membres du comité d'entreprise et je leur ai fait partager ma confiance dans notre projet ».

Sylvain Loiselet veut comprendre l'origine de ses difficultés mais ne pense pas baisser sa combativité ni son investissement pour remonter la pente. « Lorsque l'on monte entièrement une usine, cela prend trois fois plus de temps et d'énergie. Ce n'est pas facile de gérer ces difficultés, mais je ne suis pas inquiet sur le fond. Bien sûr, ce n'est pas comme ça que j'avais vu les choses. L'histoire ne s'arrêtera pas là ! »

Yves Fortunet & Ahmed Taghza