La fonderie de L’Isle-d’Espagnac fournit ainsi les secteurs de la papeterie : « Nous construisons par exemple des cylindres sécheurs. Nous sommes les seuls en Europe à savoir faire ça », de la cimenterie, de la sidérurgie et de l’énergie. « Nous travaillons à 60 % pour l’exportation », précise Martial Gobeaux. De l’industrie lourde, comme on dit, pour cette société qui emploie 45 personnes. « Rien de très sexy », admet Martial Gobeaux, dans un sourire.

« Le symbole de la fonderie »

Mais cette image pourrait changer puisque la Safem a décidé de se lancer un défi un peu plus « fun » en répondant à l’appel d’offres sur la réalisation des 32 canons devant armer « L’Hermione » à Rochefort, « Nous sommes en concurrence avec deux autres sociétés, l’une en Dordogne, l’autre à Rochefort. La décision doit être prise à la mi-octobre », indique Martial Gobeaux.

Lequel ne cache pas son envie de voir sa société retenue. D’abord pour l’aspect « sentimental », « participer à cette aventure humaine autour de “ L’Hermione ” est quelque chose d’intéressant. Et puis fabriquer des canons est le symbole même de l’industrie de la fonderie ».

Ensuite, pour l’aspect technologique, « refaire à l’identique ces canons, tout en en se servant de modes de fabrication modernes ». Mais aussi pour le lien historique, « a priori les canons de “ L’Hermione ” avaient été faits dans la région d’Angoulême, peut-être sur le site de l’actuelle DCNS ».

Enfin, le directeur insiste sur la capacité de la Safem à remplir cette mission, tant en terme d’espace que de savoir-faire. « 32 canons, ça représente environ 50 tonnes de fonte que l’on peut fondre et usiner sur un même site », dit-il. Le choix angoumoisin serait d’autant plus judicieux que le modèle en bois qui servira de base à la fabrication des canons vient d’être réalisé par des élèves de l’IUT d’Angoulême (DUT Génie mécanique et productique - Ingenierie Design). « Ils l’ont réalisé à partir des plans anciens. C’est à partir de ce modèle que seront réalisés les moules en sable, façonnés par des mouleurs main qui sont comme de vrais artisans dans notre industrie et ont un réel savoir-faire particulier. La fonte sera ensuite versée dans ces moules », résume Martial Gobeaux.

« Si nous sommes retenus. Je pense que l’on associera tous les mouleurs à la fabrication. Pour eux aussi, ce serait une fierté et une reconnaissance », termine le directeur.