La fonderie déficitaire

À Caudan, les discussions ont démarré fin avril. Hervé Wibaux, directeur du site, résume : « Malgré quatre réunions avec les partenaires sociaux, des séances d'information avec le personnel, nous sommes au point mort. » Il considère aujourd'hui qu'il peut en aller de l'avenir de l'usine qui emploie 450 personnes. « La crise automobile en Europe et en France est terrible. On a perdu la construction de plus de 4 millions de véhicules en six ans. Malgré un plan de relance, la fonderie est déficitaire. »

Hervé Wibaux, arrivé en 2009, après la reprise officielle de l'usine par Renault, craint que tous les efforts engagés pour moderniser l'outil et booster la production ne soient remis en cause au risque d'aboutir à l'obsolescence totale de la fonderie et au transfert de la fabrication des pièces automobile à d'autres fonderies européennes qui, pour certaines, pratiquent des prix plus bas. « On vise les 33 000 tonnes »

En clair, Renault suspendrait son programme d'investissement, dont la commande d'une ligne de production principale qui, normalement, doit être passée avant l'été. Hervé Wibaux a redonné les objectifs : « Nous visons les 33 000 tonnes de pièces en 2017, voire 43 000, contre les 25 000 que nous produisons actuellement. Le plan de Renault doit permettre de relancer la fabrication de voitures en France et donc pour nous, en amont, d'augmenter notre plan de charge, avec des pièces neuves pour la nouvelle Clio, le Captur, par exemple. » Pour atteindre ce cap, Renault a évalué à 90 millions d'euros l'investissement au profit de l'usine. « Il reste 68 millions, dont 20 seront exclusivement dévolus à l'amélioration des postes de travail (aspiration des poussières, ergonomie). »

L'effort demandé aux salariés ? Côté négatif : « Le passage de 32,5 heures hebdomadaires à trente-cinq heures, soit une présence journalière de huit heures, avec pause de 50 minutes incluse. » Point positif : les salariés de la fonderie toucheraient une prime d'intéressement du groupe. Hervé Wibaux l'estime à environ 1 800 € pour un ouvrier.

Dans ce contexte de difficultés, il avoue ne pas comprendre pourquoi la CGT refuse d'entériner l'accord. Il avance une date butoir au 12 juin. Sinon ? « Je suis inquiet pour la pérennité de l'usine, même si j'entends me battre pour elle. »

Faute d'entente, la direction peut aussi dénoncer les accords maison. Une procédure longue (environ 18 mois). S'appliquerait alors, aux salariés, la convention collective qui ne prend pas en compte les avantages négociés au fil des années, au sein de l'entreprise. Hervé Wibaux espère ne pas être obligé à en arriver là.

Françoise ROSSI.