"Ajouter une taxe carbone dès la première tonne de CO2 émise reviendrait de facto à dégrader très significativement les marges des entreprises", estime l'UIC, qui redoute "une charge supplémentaire insupportable pour notre industrie". Pour l'industrie chimique, très consommatrice d'énergie, "renchérir la fiscalité écologique en France" reviendrait à "favoriser la délocalisation des productions (...) et à importer toujours plus de produits finis dont les émissions de CO2 seront équivalentes, si ce n'est notablement supérieures, à celles des produits 'made in France'". Le directeur général de l'UIC a appelé le gouvernement "à ne pas prendre des décisions qui ne tiennent pas compte de la compétition économique mondiale (...) et qui seraient destructrices pour notre industrie, nos emplois et l'environnement". L'introduction d'une taxe carbone n'est pas encore actée par le gouvernement, mais le "comité sur la fiscalité écologique" chargé de faire des propositions a recommandé début avril à étudier l'opportunité d'"un instrument fiscal lié au carbone". Selon l'UIC, la chimie française est le premier consommateur industriel d'énergie en France. Elle représente entre 15 et 20% des coûts de production de la chimie de base.