la fonderie et piwi

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Manoir Industries, un nouveau dossier sensible pour le gouvernement

LE MONDE

Nouveau dossier chaud pour Arnaud Montebourg. Après les sidérurgistes de Florange (Moselle), c'est le sort des métallurgistes de Manoir Industries qui est en jeu. Une réunion avec la direction était prévue lundi 3 décembre au ministère du redressement productif pour étudier l'avenir de ce groupe français d'environ 2 700 personnes qui est sur la corde raide, indique-t-on de sources concordantes. Une seconde réunion, interministérielle, devrait se tenir le 4 décembre.

Une nouvelle fois, la question posée est celle de la place à accorder aux investisseurs étrangers : la France doit-elle ou non confier des pans entiers de son industrie à des groupes venus parfois de loin ? manoir_i.jpg L'histoire de Manoir Industries est celle d'une entreprise de la fonderie, un secteur très difficile, emblématique des problèmes de compétitivité de la France.

LE SUCCÈS N'A PAS ÉTÉ AU RENDEZ-VOUS

Longtemps filiale du groupe Strafor-Facom, Manoir Industries a fusionné avec Sambre et Meuse, puis été cédé à HSBC en 1997. Depuis, trois autres actionnaires financiers se sont succédé, le dernier en date étant Sun Capital, un fonds américain spécialisé dans le redressement d'entreprises.

Mais le succès n'a pas été au rendez-vous, et deux des trois divisions perdent toujours de l'argent. Aujourd'hui, constatant qu'ils n'ont pas réussi le "retournement" qu'ils espéraient, les dirigeants de Sun Capital ne veulent plus remettre au pot.

La solution qu'ils ont trouvée consiste à vendre les deux divisions déficitaires à un groupe privé chinois, Taihai.

Déjà partenaire de la société depuis une quinzaine d'années, cet industriel reprendrait les activités destinées à la pétrochimie, au nucléaire, au ferroviaire et au BTP. Soit 1 700 personnes réparties sur huit sites industriels dont cinq en France, pour un chiffre d'affaires de 220 millions d'euros.

Sun Capital garderait uniquement la fabrication de métaux pour l'aéronautique, qui gagne, elle, de l'argent, et représente un tiers du chiffre d'affaires global.

UNE TECHNOLOGIE SENSIBLE

L'Etat, cependant, a son mot à dire, au titre des investissements étrangers dans des secteurs sensibles. Et pour l'heure, il n'a pas encore donné son blanc-seing.

"La Direction générale de l'armement a indiqué qu'elle donnait son feu vert au projet, de même qu'Areva, le grand client côté nucléaire", confie un proche du dossier.

En matière ferroviaire, en revanche, le transfert à des Chinois de la technologie du "coeur de voie", fabriquée à Outreau (Pas-de-Calais), pose problème. "Cette activité est stratégique pour la France, dit-on à Bercy. Nous cherchons des solutions alternatives, et nous avons déjà reçu des marques d'intérêt d'autres repreneurs possibles." Cette technologie, "un concurrent l'a déjà transférée en Chine il y a des années", rétorque Sun.

Ne voyant pas arriver l'autorisation tant attendue, les hommes de Sun Capital font monter la pression. Et agitent la menace d'un dépôt de bilan. "Si nous n'avons pas le feu vert avant le 7 décembre, l'accord avec Taihai ne pourra se boucler, et nous devrons mettre en place un "plan B" qui aura fatalement un impact sur l'emploi", lâche un proche de Sun.

Et d'ajouter à destination d'Arnaud Montebourg : ici, le repreneur tiendra ses promesses. Taihai compte placer sous séquestre, dès la signature de l'accord, les 40 millions d'euros qu'il a prévus d'investir dans les usines françaises. "Cet argent sera géré par le management français". Pas sûr toutefois que cet argument suffise à convaincre le ministre.

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