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Manoir - Ce fleuron industriel que la France ne veut pas céder aux Chinois

Challenges - Par Anna Rousseau

EXCLUSIF Le géant chinois Yantai Taihai veut racheter une partie des activités du français Manoir Industries pour y investir et embaucher. Le gouvernement oppose son veto. manoir_in.jpg Le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, est le plus ardent opposant au projet de vente formulé par les Chinois. (SIPA)

Serait-ce le retour du patriotisme économique ? Le cas de Manoir Industries, une entreprise spécialisée dans la transformation des métaux (13 usines dans le monde, 2.700 employés) montre en tout cas que pour ne pas laisser un fleuron de l'industrie française passer dans des mains chinoises, le gouvernement peut se montrer très volontariste.

Retour sur les faits. Le 31 octobre dernier, le groupe industriel français (propriété du fond américain Sun Capital Partners), annonçait avoir décidé de céder au groupe chinois Yantai Taihai deux de ses divisions soit 8 usines - dont 5 en France - 2.700 employés et 220 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2011. Non que le groupe soit en difficulté, mais, expliquait un communiqué de l’entreprise justifiant sa décision, "la société a des moyens financiers très limités, les liquidités générées par l’activité aéronautique étant consommées par les activités Pétrochimie&Nucléaire et Spécialités" – les deux branches cédées à Yantai Taihai, leader en Chine sur le marché du nucléaire civil.

Bercy doit donner son autorisation

En contrepartie, Yantai Taihai s’engage, selon le protocole d’accord du 31 octobre, à investir 60 millions d’euros d’ici 2016 dans la rénovation et la modernisation des usines et à engager 30 à 40 salariés en France. Le but : devenir grâce à cette acquisition le leader mondial des produits de forge et de fonderie pour le nucléaire civil.

Une seule condition devait être remplie avant de finaliser la transaction: obtenir l’autorisation du Ministère de l’Economie et des Finances – obligatoire dans le cas de cession d’entreprises propriétaires de technologies importantes ou stratégiques. Yantai Taihai avait réclamé que cette autorisation soit accordée avant le jeudi 6 décembre, de façon à ce que tout soit définitivement signé au 31 décembre.

Las ! Très vite, un problème est soulevé par le gouvernement. Craignant un transfert de technologie, ce dernier refuse que les Chinois mettent la main sur l’une des usines de Manoir Industries, nommée Outreau Technologies, située dans la ville du même nom, dans le Pas-de-Calais. Ce site fabrique des "cœurs d’appareils de voie" (des pièces increvables et essentielles pour le passage des TGV, mais aussi des trains, RER, métro et trams) et emploie 210 personnes.

L'allemand Vossloh aussi sur les rangs

Bercy préfèrerait en fait un autre acheteur potentiel, qui a déjà plusieurs fois essayé de racheter Outreau Technologies : Vossloh-Cogifer, filiale du groupe allemand Vossloh, l’un des plus grands équipementiers ferroviaires au monde. Le 12 novembre, le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier – qui n’est autre que l’ancien député du Pas-de-Calais… -, se déplaçait même à Outreau, pour lui signifier le soutien du gouvernement à l’industrie française. Il était accompagné en outre de Guillaume Pepy, président de la SNCF, l’un des principaux clients de l’usine. Et, à la fin de la visite, la SNCF se serait dite prête à entrer au capital de Outreau Industries, aux côtés du groupe chinois, de façon à préserver les intérêts français.

Mardi 20 novembre, le président du conseil de surveillance de Yantai Tahai, Wang Xuexin, a écrit au cabinet d’Arnaud Montebourg pour tenter de trouver une issue au conflit. Il proposerait, d’ici l’été, de céder la majorité du capital de l’usine d’Outreau à une ou deux sociétés ou fonds d’investissements français, à condition qu’aucun des nouveaux actionnaires ne possède plus de parts que Yantai. Pourquoi ? Pour préserver les possibilités de l’usine de vendre ses produits en Chine…

Il ne reste plus que quelques mois pour trouver une solution. Sinon, menace un proche du dossier, le groupe Manoir Industries sera à court de cash en février prochain. Bien avant cela, une réunion aura lieu en Chine mercredi prochain, 6 décembre, avec tous les acteurs du dossier, pour trouver une solution

Commentaires

1. Le mercredi, 5 décembre 2012, 00:12 par PM

Sujet tellement brulant que personne n'ose apporter de commentaires

2. Le mercredi, 5 décembre 2012, 00:12 par PM

Sujet tellement brulant que personne n'ose apporter de commentaires

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