Saint Jean Industries et Arche proposaient respectivement de garder 390 et 392 employés. La décision avait été mise en délibéré au 19 avril. Mais Patrick Bellity, PDG d'Arche, avait clairement conditionné son offre à un accord avec Renault, demandant au constructeur automobile de s'engager avant ce week-end à verser une compensation financière à Arche au cas où il ne respecterait pas le programme de commandes annoncé le 14 mars.

Ce jour-là, lors d'une audience de procédure à Nanterre, Renault s'est en effet engagé à commander 605.000 culasses à la FDPA, en 2012, puis à porter ses commandes jusqu'à un million en 2015, nombre considéré par les salariés comme nécessaire pour assurer la viabilité de l'entreprise. L'engagement de Renault n'étant pas arrivé, Arche s'est retiré. Me Malika Ménard, l'avocate du CE, a regretté cette nouvelle. "On aurait préféré que le tribunal de commerce ait un choix", a-t-elle estimé auprès de l'AFP, jugeant par ailleurs "pas rassurante" cette absence d'engagement de Renault. Le candidat-président Nicolas Sarkozy doit se rendre à Ingrandes lundi après-midi. "J'espère que ce ne sera pas juste pour la campagne électorale et qu'il y aura quelque chose de concret d'annoncé", a lancé Me Ménard. Renault a créé la FDPA en 1979 et l'a vendue en 1998. En 2010, la Fonderie est passée aux mains de Montupet, dont le siège est à Clichy (Hauts-de-Seine). Les commandes de Renault représenteraient aujourd'hui environ 85% du chiffre d'affaires de FDPA. FDPA est en redressement judiciaire depuis le 20 octobre, après une grève de deux mois contre un plan de baisse des salaires.