Après le retrait de l'offre de GMD (blocage des discussions avec Renault), la mise en retrait de l'américain Aïken et surtout le rejet de Montupet (lire notre édition d'hier) sous la pression des fondeurs et des politiques poitevins, la reprise de la Fonderie du Poitou alu d'Ingrandes (FDPA) va, sauf ultime rebondissement de dernière minute, se jouer entre deux équipementiers autos français : Saint-Jean-Industries et Arche.

"Je reprends 392 salariés et j'apporte un nouveau procédé "

Seul le P-DG de ce dernier, un groupe de fonderies, a accepté de répondre à nos questions à la sortie de l'audience du tribunal de commerce de Nanterre mercredi. Il s'agit de Patrick Bellity. Un nom qui n'est pas inconnu pour les fondeurs puisque c'est un ancien des Fonderies du Poitou. Dans les années 1980, il travaillait au bureau méthodes sur le site d'Ingrandes comme ingénieur. Il connaît donc bien la « maison » ingrandaise. Voici ce qu'il a dit à l'audience lors de son grand oral pour convaincre les juges et ce qu'il propose donc d'apporter à la FDPA : « Nous manifestons notre solidarité à travers le procédé (la basse pression) utilisé par la fonderie, à travers aussi la ligne directrice de notre plan industriel puisque nous avons obtenu la garantie de Renault de commandes à hauteur d'un volume de 1 million de culasses à l'horizon 2014-2015, et enfin également à travers un mix de produits pour des pièces d'avenir. » Les propositions (produits, procédés, nouveaux débouchés et marchés) de Patrick Bellity ont de quoi séduire. Il s'engage « à reprendre 392 salariés (sur les 450) » mais aussi « à apporter une nouvelle activité, à partir 2013-2014, toujours dans le cœur de métier de la FDPA, de la culasse, mais avec un nouveau procédé, la " coquille-gravité ", de telle sorte qu'on puisse proposer les deux procédés à d'autres constructeurs que Renault, notamment allemands. »

" La partie n'est pas gagnée "

L'ex des Fonderies du Poitou reste prudent même si son offre de reprise semble bien engagée. « La partie n'est pas gagnée, notre dossier n'est pas complètement bouclé, c'est long, certains accords avec Renault ne sont pas encore finalisés. » Son offre est-elle porteuse d'avenir pour les fondeurs et a-t-elle séduit les juges ? Réponse jeudi prochain.

L'engagement de Renault pour le PSE. D'après Éric Bailly, secrétaire du CE et porte-parole de l'intersyndicale, Renault s'est engagé à « financer le PSE (Plan de sauvegarde de l'emploi) à hauteur de… on ne sait pas combien précisément mais ça se chiffre à plusieurs millions d'euros. Renault a pris l'engagement de soutenir le plan social avec Arche ou Saint-Jean-Industries, selon le repreneur qui sera choisi ». 48 heures de rab. le tribunal a laissé un délai supplémentaire de 48 heures aux candidats encore en lice, notamment Arche et St-Jean pour affiner leurs offres de reprise et poursuivre leurs négociations (clauses suspensives à lever éventuellement) avec Renault, le donneur d'ordre

repères

Le groupe de fonderies Arche, c'est un culassier pur et dur, un équipementier automobile qui fabrique des pièces complexes en aluminium. « Nous sommes leader français de la profession, avec 1.200 salariés, 5 usines en France (et une en Espagne), on représente un quart de la production française », indique Patrick Bellity, P-DG du groupe de fonderies Arche. D'après les éléments recueillis, cet ancien des Fonderies du Poitou serait du genre à garder les savoir-faire et investir dans l'innovation des procédés, « quand ses concurrents délocalisent leur production pour s'adapter aux contraintes des donneurs d'ordre ». Denys Frétier La Nouvelle République