La lumière est orangée, l’odeur différente, la température de fusion plus basse, mais la solidarité identique. « Des Antillais sont venus travailler ici dans les années 70. L’hiver, la nuit, ils traversaient la Hardt sur des Solex, frigorifiés, pour prendre l’équipe du matin. J’en ai revu un dernièrement, il m’a dit : « La fonderie, ça a été les plus belles années de ma vie ». Le regard pétillant de Gross Roger s’embue, sa gorge se noue. « Quand un homme vous dit ça… » « Si je peux rendre un peu… »

Notre séjour se termine. On va quitter l’usine, pardon le site PSA Peugeot-Citroën et ses usines. Devant nous, François, un ancien de l’outillage, insiste auprès des gens de la com. « Vous savez, n’hésitez pas à me demander des renseignements. Si je peux rendre un peu ce que Peugeot m’a donné… » On reste sans voix devant cette dernière confidence, cette reconnaissance sincère. Son parcours ? Entré en 1969 à l’outillage de Mulhouse, un BTS en poche, il quitte l’entreprise en 2006, après être devenu ingénieur puis avoir réussi un doctorat en ingénierie, tout en cours du soir. « Je me suis formé toute ma vie. Je n’ai jamais oublié les possibilités que Peugeot m’a données… »

Au bout de cinq jours à franchir la barrière de l’usine, on se met à rêver, la nuit, de voitures sur une ligne d’assemblage… Dire que certains ont passé quarante ans ici, à fabriquer des 104, des 205, des 206, des 308, des C4… En passant une dernière fois l’entrée principale, on comprend mieux ce drôle de regard, ému, chez ces retraités venus nous raconter « leur » vie chez Peugeot.